Balades
|

Petite Ceinture : une rando de 32 km pour faire le tour du plus grand parc de Paris, le 27 juin

La Petite Ceinture dans le 19e / © Jérômine Derigny
La Petite Ceinture dans le 19/ © Jérômine Derigny

Le samedi 27 juin, l'Association des promeneurs de la Petite Ceinture propose de boucler en une journée les 32 kilomètres de l'ancienne voie ferrée qui encercle Paris : dix étapes, de 8 h à 20 h, pour la cinquième édition de son Grand Tour piéton. L'occasion de (re)découvrir cette friche devenue refuge de biodiversité et terrain d'exploration des habitants — le parc XL dont rêvent les Parisiens, et qui s'ouvre tronçon après tronçon. Rencontre avec Antoine Sander, cofondateur de l'association.

Comment est née votre association ?

Antoine Sander : Tout a commencé en 2017. Avec des amis, nous faisions des promenades le week-end pour échapper au rythme de la vie parisienne. Un jour, nous avons décidé de suivre la Petite Ceinture, cette ancienne ligne ferroviaire qui encercle Paris. C’était fascinant : un espace mystérieux, méconnu, sur lequel circulait très peu d’informations.

Cette découverte est vite devenue une obsession : j’en ai fait le sujet principal d’un guide que j’écrivais, puis j’ai organisé chaque mois des balades avec mes proches. De là est née l’idée d’une association pour porter une vision collective : faire de la Petite Ceinture le « Central Park » du Grand Paris. L’Association des promeneurs de la Petite Ceinture a officiellement vu le jour en juin 2019. Nous rassemblons aujourd’hui plus de 200 membres, dont une vingtaine particulièrement actifs.

Quels ont été les moments marquants de votre engagement ?

La Petite Ceinture a une histoire riche. Construite au XIXe siècle pour relier les gares parisiennes, elle a vu son trafic décliner au fil des décennies. Dans les années 1990, des habitants ont commencé à s’approprier certains tronçons, créant des jardins partagés comme celui du Ruisseau dans le 18e arrondissement. C’était le début d’un grand cycle de réouverture et de réappropriation, entre lobbying associatif et avancées des élus.

Un moment particulièrement marquant a été l’organisation du premier Grand Tour piéton en 2022 : une centaine de participants pour parcourir les 32 kilomètres de la Petite Ceinture en une journée. Une manière symbolique de montrer que cette boucle verte pouvait devenir un véritable espace de promenade continue. Nous renouvelons l’expérience chaque année en juin, pour l’anniversaire de l’association — la cinquième édition se tient le 27 juin 2026.

Quelles sont les avancées récentes en termes d’ouverture au public ?

Les progrès sont encourageants. Le bois de Charonne a été inauguré en juillet 2024 dans le 20e arrondissement, transformant une friche ferroviaire en un parc de 3,5 hectares. Le jardin des Traverses, dans le 18e, a ouvert en septembre 2024, sur 500 mètres dédiés à l’agriculture urbaine.

D’autres projets avancent dans le 19e arrondissement, portés par le Budget participatif et une forte mobilisation de quartier. La Ville de Paris annonce par ailleurs l’ouverture de quatre kilomètres supplémentaires d’ici fin 2026, soit 7,6 hectares de plus rendus à la promenade et à la biodiversité.

Quel est votre regard personnel sur la Petite Ceinture ?

Ce qui me touche le plus, c’est l’incroyable diversité des ambiances. Chaque tronçon a son caractère. Dans le 20e, j’adore la poésie sauvage du bois de Charonne, ses chemins sinueux et ses arbres surgis de nulle part. Dans le 18e, le jardin des Traverses redonne du sens à un lieu autrefois abandonné. J’apprécie aussi le côté brut et mystérieux du 14e, où la nature reprend ses droits autour des anciennes voies. La Petite Ceinture révèle une autre facette de Paris, loin des clichés touristiques, et offre à la ville une respiration nécessaire.

Quelle est votre vision pour la PC ?

Nous militons pour une promenade continue de 32 kilomètres, reliant tous les tronçons existants. Cet espace pourrait devenir le plus grand parc parisien, combinant nature, culture, histoire et biodiversité. Nous travaillons étroitement avec la Ville de Paris, la SNCF et les collectifs locaux pour valoriser le patrimoine ferroviaire et favoriser la réappropriation du lieu par les habitants. La Petite Ceinture est un trésor méconnu qui attend d’être révélé : avec de la volonté et de la coopération, elle peut devenir un symbole du Paris de demain, plus vert, plus convivial, plus solidaire.

Infos pratiques : Grand Tour piéton de la Petite Ceinture, 5e édition (l’association fête au passage ses six ans). Samedi 27 juin 2026, de 8 h à 20 h, départ et arrivée au TLM (105 rue Curial, Paris 19e). Le principe : boucler le tour complet en une journée, soit plus de 32 km — presque un marathon. Pour que personne n’ait à se lever aux aurores, le parcours est découpé en dix étapes. On peut suivre la boucle entière ou n’en faire qu’un morceau, en se greffant en cours de route. Gratuit, inscription obligatoire via le formulaire en ligne. L’association finançant assurance et impression des cartes sur ses fonds propres, elle invite à adhérer ou à faire un don.

Vue plongeante sur la tranchée Montsouris, non ouverte au public / © Jérômine Derigny pour Enlarge your Paris
Vue plongeante sur la tranchée Montsouris, non ouverte au public / © Jérômine Derigny pour Enlarge your Paris

À lire aussi : Le tour de la Petite Ceinture en 48 heures photo

À lire aussi : Dix adresses où faire escale sur la Petite Ceinture à Paris