
Un hôtel de luxe, des ministres du G7 en réunion de crise et des influenceurs en reels : bienvenue à l'abbaye des Vaux-de-Cernay, joyau cistercien cinq étoiles au cœur du parc naturel de la Haute Vallée de Chevreuse. Et aussi le départ d'une randonnée de 9 km ouverte à tous – et gratuite.
Le parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse est déjà en soi un privilège discret : 70 000 hectares de forêts, de vallons et d’étangs à moins d’une heure de Paris, que les Franciliens traversent souvent sans vraiment s’y arrêter. En son cœur se niche un bijou dans le bijou : une abbaye cistercienne du XIIe siècle qui a traversé les guerres, la Révolution et les spéculateurs avant de se réinventer en havre de luxe.
Les ministres des Affaires étrangères du G7 – Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, Royaume-Uni, États-Unis –y ont trouvé ce vendredi 27 mars un cocon cinq étoiles pour parler des fracas du monde : la guerre, les bourses qui vacillent, les droits de douane américains qui secouent l’économie mondiale. Entre deux crises diplomatiques, ils ont profité d’un réfectoire de moines que la communication de l’hôtel compare volontiers à celui de Poudlard. On ne leur jette pas la pierre.
Neuf cents ans d’histoire, trois vies
L’abbaye naît en 1118 dans un vallon marécageux offert par Simon III de Neauphle-le-Château. Les moines de Savigny défrichent, assainissent, construisent. En 1147, le rattachement à l’ordre de Cîteaux fait des Vaux-de-Cernay l’une des abbayes les plus influentes d’Île-de-France : Saint Louis y vient rendre visite, ses moines participent à la fondation de Port-Royal. Puis viennent les siècles difficiles, la Révolution, la vente des reliques, le passage entre les mains de la « Bande noire » – ces spéculateurs que Balzac dénonçait pour leur pillage du patrimoine.
Le nouveau bréviaire : #abbayedesvauxdecernay
En 1873, la baronne Charlotte de Rothschild rachète les ruines et les consolide dans un esprit néogothique. En 2020, le groupe Paris Society injecte 65 millions d’euros de travaux et confie la décoration à Cordélia de Castellane : boiseries d’époque, canapés en tartan, ambiance Bridgerton assumée.
Les diplomates ignorent peut-être que, chaque week-end, ces vieilles pierres attirent une autre clientèle. Créateurs de contenu, marques en quête de décor romanesque, touristes d’Emily in Paris. Le hashtag #abbayedesvauxdecernay défile chaque semaine sur Instagram et TikTok. Comptez 385 € la nuit minimum, jusqu’à 2 000 € dans le corps de l’abbaye.
Et sans sortir la carte bleue ? Un parcours de balade divin
Ce que l’on sait moins, c’est que le parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse a balisé une boucle de 9 km au départ de l’abbaye, baptisée « Paysages pittoresques des Vaux-de-Cernay ». Nous, on est venus pour ça, et pour les ruines. L’intérieur de l’hôtel, on vous le laisse découvrir si vous avez le budget et que c’est votre style.
Les Vaux-de-Cernay se nichent au fond d’une vallée, à deux pas d’un moulin ancien, cernés par l’eau de toutes parts. Étangs, rivières et cascades en lisière de la forêt de Rambouillet constituent un petit paradis pour les marcheurs, accessible gratuitement, sans réservation. Le parcours est téléchargeable ici. Les ruines de l’abbaye, elles, se visitent les week-ends et jours fériés (8 € en plein tarif, 4 € pour les 5-12 ans, gratuit pour les moins de 5 ans). Les moines cisterciens prônaient l’austérité, la prière et le travail manuel. Leurs successeurs proposent spa, dîners gastro et barques sur l’étang. La continuité spirituelle est discutable. Le cadre, lui, est intact.
Paysages pittoresques des vaux de Cernay, 8,3 km, 3 heures de marche. Une balade dans l’une des vallées les plus préservées du parc naturel, jalonnée de trésors : les vestiges de la vieille abbaye, des étangs et des cascades qui ont inspiré des peintres paysagistes au XIXe siècle, une ancienne carrière de pavés. Le seul défaut de ce parcours : il n’est pas accessible en transports en commun.

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27 mars 2026 - Cernay-la-Ville