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Le vélotaf à La Défense vu par la blogueuse Charlotte à vélo

Coronapiste à La Défense / © Julien B. (Creative commons - Flickr)
Coronapiste à La Défense / © Julien B. (Creative commons – Flickr)

Dans le 116e épisode de son blog "Charlotte à vélo", la vélotafeuse parisienne Charlotte Nenner, dont les bureaux ont déménagé à La Défense, dépeint son trajet jusqu'au quartier d'affaires qu'elle compare à "un dédale incompréhensible" et à "un film de science-fiction où la rue arrive au 3e étage".

Charlotte Nenner, vélotafeuse et auteure du blog Charlotte à vélo

Mon bureau a déménagé. On est passés de Paris 15e à La Défense (Hauts-de-Seine). Certains amis ont bien essayé de me remonter le moral en arguant : mais tu vas voir, c’est pas si mal, il y a des festivals de musique sur le parvis, l’architecture est hyper intéressante… Enfin là, on en est loin du “sympa” : la dalle côté Courbevoie est très défraîchie (elle doit dater de Buffet froid), mal éclairée, très difficile pour se repérer en tant que piéton, on est séparé de la Seine par une autoroute et le paysage est morcelé de routes, d’échangeurs, de tunnels et de passerelles compliquées, de culs-de-sac et d’ascenseurs publics. Et puis, malgré les efforts, tout est hyper minéral. Donc l’espace public n’est pas folichon. Ajoutons la lumière froide et humide de janvier et on comprend qu’à La Défense, personne ne sort de sa tour, sauf pour fumer.

Pour le vélo, je dois dire que le tableau n’est pas plus rose. D’abord, je n’ai toujours pas trouvé le meilleur itinéraire pour rejoindre La Défense depuis Paris 10e. Je teste et tâtonne, et je me perds souvent. Car même si je suis officiellement la ligne 1 du Vélopolitain (qui suit la ligne 1 du métro si si !), les panneaux manquent parfois et la traversée de la Porte Maillot  est assez rock’n’roll avec un détour et un passage en contrebas improbable. Et si je passe par la Porte des Ternes (beaucoup plus humaine), je me paume dans le 17e arrondissement fort dépourvu de pistes cyclables et je dois ensuite contourner moults caniches qui traînent sur la piste cyclable très chic de Neuilly (Hauts-de-Seine).

« Tout ceci serait encore plus déprimant si je ne venais pas à vélo »

A l’arrivée sur la dalle de La Défense, je suis totalement désorientée. Les passerelles piétonnes/vélos montent dans les airs et arrivent sur un dédale incompréhensible, avec des escaliers au bout ou des ascenseurs. C’est presque un film de science-fiction où la rue arrive au 3e étage. Et quand je parviens enfin en bas de l’immeuble, le parking vélo tellement chouette sur les photos s’avère hyper compliqué d’accès : monter quelques marches, entrer par le PC sécurité, prendre un monte-charge au fond à droite, le trouver enfin, garer son vélo et ne plus savoir comment ressortir.

Mais tout ceci serait encore plus déprimant si je ne venais pas à vélo ! Car même avec ces galères, je me suis surprise à siffloter sur le chemin : pas sûre qu’entassée sur la ligne 1 du métro ça me serait arrivé !

Infos pratiques : Pour lire les 115 épisodes précédents de « Charlotte à vélo », rendez-vous sur charlottavelo.tumblr.com

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