
En 2015, Laurent Fouquet et Bénédicte Pilet lançaient Fresh Street Art pour partager leur passion pour le street art à travers des visites dans le Grand Paris. Un engouement qui n'a cessé de croître depuis dix ans.
Comment a commencé l’aventure Fresh Street Art ?
Laurent Fouquet : Avec ma cousine Bénédicte Pilet, nous sommes deux passionnées de street art. C’est une culture dans laquelle on a baigné. Moi, je graffe depuis les années 90. On a voulu partager notre passion, au départ avec nos proches, puis auprès d’un public plus large. Nos premières visites réunissaient les passionnés via un groupe Facebook. On avait un parcours dans le 13e arrondissement, territoire encore aujourd’hui le plus riche en termes d’œuvres dans le Grand Paris, et on se payait au chapeau. Notre but, c’est vraiment de changer la manière dont on consomme la rue pour se réapproprier son environnement et lever les yeux de son portable.
Qu’est-ce qui a changé en 10 ans ?
Au départ, c’était juste pour partager notre passion. Désormais, on a institutionnalisé nos visites et diversifié nos activités en devenant une agence événementielle spécialisée dans le street art. On propose des balades, des ateliers de graff, des initiations, de l’accueil des scolaires et même du team building.
Où en est le street art aujourd’hui?
Déjà, il faut bien comprendre que « street art » est un terme générique qui englobe plein de disciplines différentes qui vont du graff sauvage non encadré – et non-encadrable – aux commandes institutionnelles. Pour le graff sauvage, l’enjeu, aujourd’hui, est de revendiquer sa liberté, ce qui est compliqué vu que l’ensemble du mouvement est en train de s’institutionnaliser. Pour ce qui est du street art, ça devient une culture de masse, accessible à tous. Pour autant, il faut être sûr qu’il va s’installer dans la durée et sera toujours à la mode dans 20 ans. On voit beaucoup de collectivités qui surfent aujourd’hui sur cette mode et offrent des espaces d’expression aux artistes. Moi, ça me va. Je voudrais qu’il n’y ait plus aucun mur gris et qu’ils soient tous peints !
Quel a été le rôle du graff sauvage dans l’histoire du street art ?
Le graff sauvage ou « vandal » c’est l’origine. Si cela n’avait pas existé, il n’y aurait jamais eu le street art. Le graff sauvage est politique. C’est aussi un entre-soi. Mais tous les grands noms du street art ont commencé par là. Je pense notamment à Futura 2000, star new-yorkaise aujourd’hui âgé de 70 ans qui a commencé dans la rue avant de collaborer avec les marques. En France, on a l’exemple de Lek & Sowat qui ont eux aussi commencé par le graff sauvage.
Quels spots street art conseillez-vous en banlieue ?
La base, c’est la Street Art Avenue qui va de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) à Paris, où des artistes ont été invités pour créer le long du canal Saint-Denis. Un autre parcours longe le canal de l’Ourcq jusqu’à Bondy en traversant Pantin, Aubervilliers et Bobigny (Seine-Saint-Denis). C’est assez riche en termes d’œuvres. Il y a aussi la ville de Montreuil qui met énormément cette culture à l’honneur, avec beaucoup d’oeuvres dans les rues ainsi que des festivals et des expos toute l’année. Évidemment, pour découvrir cette culture, on peut bien sûr nous contacter pour booker l’une des expériences de Fresh Street Art ou passer nous voir au Spot 13, un grand lieu d’expression artistique entre Ivry (Val-de-Marne) et Paris.
Infos pratiques : plus d’infos sur freshstreetartparis.fr
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28 août 2025