Artdevivre

|

Un musée qui se bouge le train

Rosny :A la gare de Rosny comme ailleurs, un train peut en cacher un autre. Mais il peut aussi cacher un musée, du train évidemment.

Bien sûr, il y a le locotracteur vert bouteille qu’on aperçoit du RER. Mais hormis cet indice, difficile de se douter que le sous-sol de la gare de Rosny-sous-Bois abrite le seul musée du train d’Île-de-France. Un petit flip étreint le cœur à l’entrée, balisée par des panneaux de signalisation ferroviaire… A-t-on fait le déplacement pour trois maquettes alanguies sous des tonnes de poussière ? La caisse du musée – reproduction fidèle d’un guichet de gare des années 30 – rassure le visiteur.

Réveiller le conducteur de TGV qui sommeille en vous

Et la suite a de quoi enthousiasmer l’ensemble de la famille : les plus petits s’initieront au maniement avec un circuit Playmobil spécialement pensé pour eux. Les plus grands, eux, pourront conduire depuis une véritable cabine un modèle réduit sur lequel a été installée une caméra pour coller au plus près de la réalité d’un conducteur. Le challenge ? Réussir son arrêt en gare. TGV, tram-train, micheline sont présentés dans des vitrines.

Et une salle abrite plusieurs dioramas impressionnants : la scène d’inauguration de l’Orient-Express ou la reproduction du tableau de Herter, « Le départ des Poilus », exposé dans le hall de la Gare de l’Est. Chaque sujet a demandé une heure de travail à leur concepteur, Robert Gesuelli, membre de l’association gérant le musée.

C’est d’ailleurs là le point fort du lieu : une équipe de bénévoles passionnés, qui assurent les visites au débotté. Un froncement de sourcil ? Ils accourent, les poches pleines d’anecdotes passionnantes. Ils ressuscitent l’aérotrain de Jean Bertin, roulant sur coussin d’air et finalement abandonné au profit du TGV. Ils expliquent pourquoi l’autorail « Picasso » a gagné ce surnom pictural. Ils font revivre le terrrrrrible accident du 22 octobre 1895 à la gare Montparnasse. Et même si, jusqu’à présent, l’histoire du train nous passionnait autant que la lecture des horaires du Paris-Cherbourg, on se laisse volontiers (voie) ferrer !