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Jacques Monclar : mots comptent dribble

À l'heure où le monde a les yeux rivés sur le Brésil et le ballon rond, Enlarge Your Paris réplique en dégainant les cartes "basket" et "banlieue". Avec, dans son jeu, un roi : Jacques Monclar. L'ancien basketteur inaugure une nouvelle rubrique dans laquelle des personnalités évoquent pour EYP leur rapport à la banlieue.

Dans les années 80, pour faire briller les parquets du basket français, il y avait surtout lui. Aujourd’hui,revisite « sa » banlieue pour Enlarge Your Paris. Et comme diraient les Mavericks : la classe à Dallas…

 

Une jeunesse séquano-dionysienne

Je suis arrivé en 1966 à l’âge de 9 ans en Seine-Saint-Denis. Nous venions de Villeurbanne avec ma famille et nous avions déménagé pour les études de mon frère. La ville s’est bâtie sur l’ancienne forêt de Bondy et s’étendait entre la Nationale 3 et la voie ferrée qui la séparait de Livry-Gargan, du Raincy et de Villemomble.

Elle ne s’inscrivait pas vraiment dans les « standards » selon lesquels on perçoit le 93. Comme son nom l’indique, c’était beaucoup de petits pavillons. Il y avait le quartier de La Basoche, le marché… Pour le cinéma, on allait à Livry-Gargan. Et puis j’ai assisté au développement de cette banlieue. Les années où j’y ai vécu, j’ai vu la création du centre commercial Rosny 2, des cinémas Artel. Le Mammouth de Montfermeil aussi, ça a été un truc.

Tout ce coin, je l’ai sillonné à vélo. Et je peux vous dire que monter jusque sur les hauteurs de Clichy, ça fait les mollets ! Il m’arrive encore d’y passer aujourd’hui. J’ai des copains qui s’y sont installés. Je trouve toujours la ville jolie. Il y a des immeubles mais cela reste encore vert, avec un sentiment d’espace.

La représentation du 9-3

J’entends parler dans les médias du « 9-3 », du « 9 cube » ou de « zone de non-droit ». Certes, quand j’y ai vécu, il y avait des endroits plus durs que d’autres. On pouvait mettre une branlée à une bande, s’en prendre une en retour, connaître des retours de soirées un peu… compliqués. Mais ce n’était pas Chicago non plus. Je me rends compte que mes repères, concernant ce territoire, ne sont pas du tout les mêmes que ceux généralement véhiculés.

Le premier stade

C’est au Stade Léo-Lagrange à Pavillons-sous-Bois que j’ai vraiment commencé à jouer au basket. Le gymnase, tout en bois, constituait une attraction terrible pour tous les mômes du coin. Là-bas, il y avait aussi des tennis, un boulodrome, un terrain de foot…  Grâce à des trous dans le mur, on arrivait à rentrer en dehors des heures d’ouverture pour disputer quelques parties. On avait aussi piqué les clefs du gymnase.

Ce lieu est resté dans l’imaginaire familial. Ma mère m’en parle encore d’ailleurs. J’y ai emmené mes trois enfants pour qu’ils voient l’endroit où tout a commencé pour moi. Et quand je croise des jeunes qui me disent qu’ils viennent de Pavillons, je leur parle du gymnase. Ils me disent « Quoi ? Ce vieux truc en bois ? » Alors je leur réponds que c’est sans doute la salle qui reste la plus chère à mon cœur.

Le lycée Albert Schweitzer du Raincy

Je suis la dernière génération à y être resté de la 6ème à la Terminale. C’était alors une annexe du lycée parisien Charlemagne.et un vrai pôle d’attraction pour les jeunes des environs. Enfin surtout leurs parents. Je revois le bâtiment avec son architecture à la Le Corbusier, son immense parc avec une mare au milieu. Le grand jeu c’était d’ailleurs de casser la gueule aux canards qui se baladaient dessus.

Le sport y tenait une place de choix. Une piscine venait d’être édifiée, juste à côté. Dans le parc, on trouvait plusieurs gymnases. C’était l’époque où le hand-ball pointait le bout de son museau et allait devenir « le » sport du coin. Bon, moi j’étais basketteur mais ça ne m’empêchait pas de faire quelques parties de hand…

Le train-train de la banlieue

À partir de 15 ans, j’ai quitté le stade Léo-Lagrange pour jouer sur Paris. Cela signifiait prendre le train avec son habillage en métal, ses banquettes de moleskine. A cette époque, la gare n’était pas un lieu de vie, plutôt un lieu de rendez-vous. D’ailleurs une station sur la ligne s’appelait « Allée du Rendez-Vous ». On arrivait à Gare de l’Est. Je me souviens de l’ambiance un peu glauque le soir, quand il fallait attraper le dernier train pour revenir en banlieue.

Aujourd’hui j’habite et, sur la ligne, ce ne sont pas les RER mais ces trains que je prenais dans mon adolescence. J’adore Paris, mais je ne pourrais pas y vivre. J’ai l’impression de ne pas respirer. Et, en même temps, quand j’habitais à la campagne, j’allais voir les immeubles. J’ai besoin de voir des feux rouges, de sentir que ça grouille. La banlieue me semble donc un parfait compromis. Meudon, c’est cossu, joli. On a une belle vue sur la capitale et il y a une vraie vie de banlieue, avec les petits restos. Et puis, bien sûr, la forêt juste à côté.

Basket et banlieue

À mon époque, Pavillons-sous-Bois et Saint-Denis constituaient deux pôles importants du basket dans le 93. Puis, durant un certain temps, le territoire a connu, me semble-t-il, une certaine période blanche. Les choses se sont redressées depuis, notamment grâce à Carlos Mateus, qui est arbitre.

Le basket a toujours été banlieusard. Charenton, Nanterre, Rueil et puis bien sûr Villeurbanne… À partir du moment où un territoire agrège un rassemblement de populations, il suffit d’une poignée de personnes motivées pour que des associations sportives voient le jour. Le sport a toujours constitué et constitue toujours un repère identitaire commun.

 

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