Artdevivre

|

Bals des pompiers : Mettez le feu au plancher !

Fête nationale oblige, les traditionnels bals des pompiers vont faire guincher petite et grande couronne dans la nuit du 13 au 14 juillet. Mais ça donnait quoi un bal en 1945 ? Et dans les années 60 ? Voyage dans le temps en compagnie de deux habitantes de Bourg-La-Reine.

 « Je ne me souviens pas de bals de pompiers avant la fin de la Seconde Guerre mondiale. Je crois qu’ils ont été instaurés afin d’exalter le sentiment de république retrouvée dès 1945 » se souvient Maria, 89 ans, habitante de Bourg-la-Reine (Hauts de Seine) depuis plus de 70 ans.

 

Fontenay-sous-Bois, les pompiers vendent des billets de tombola pour le bal du 14 juillet © Frédéric Glorieux
Fontenay-sous-Bois, les pompiers vendent des billets de tombola pour le bal du 14 juillet © Frédéric Glorieux

 

Nés à Paris, ces bals se sont vite étendus au-delà des « fortifs » de la capitale, afin de faire danser toute la périphérie de la Ville-Lumière. « Les femmes remettaient alors leurs robes bariolées portées à la Libération, comme un souvenir de ce jour de fête. On fermait la rue de la caserne et on accrochait lampions colorés et drapeaux entre maisons et immeubles. A Bourg-la-Reine, il y avait tellement de monde dans la petite rue Ravon que la fête débordait sur la Nationale 20  ! » ajoute l’octogénaire.

Java, pommes d’amour et barbes-à-papa

 

Pour Martine, sa fille de 67 ans qui a grandi à Bourg-la-Reine, les bals des pompiers ont constitué ses premières sorties nocturnes. « C’était avant 1968. Et à cette époque, les jeunes filles ne sortaient pas sans être accompagnées par leurs aînées. C’est donc escortée de mon oncle et ma tante que j’allais danser le 14 juillet au bal des Pompiers de Bourg-la-Reine. J’y ai découvert avec délectation les fameuses pommes d’amour et les barbes-à-papa. Il y avait aussi une tombola organisée par la caserne » explique celle qui, adolescente, dansait des valses, charlestons, javas et un peu plus tard des twists endiablés devant l’orchestre dépêché par la caserne.

« C’était un bal populaire au sens noble du terme, je ne me souviens pas de délinquance notable. Les fameux « blousons noirs » restaient plutôt à la Porte d’Orléans. Toutes les filles du coin enfilaient leurs plus belles robes, les garçons essayaient de s’apprêter aussi un peu », même si ces derniers avaient conscience de ne pas pouvoir rivaliser avec les soldats du feu.

« On était bien sûr  invitées sur la piste par notre vieil oncle mais aussi parfois, comble de la chance, par un valeureux pompier » note Martine. « A l’époque, je voyais les pompiers comme des garçons immenses, forts, beaux, des sortes de sauveurs de l’humanité. Ils se promenaient au milieu du bal sous les yeux admiratifs des passants ».  Preuve qu’un bal en compagnie d’un sauveur ça marque. Martine a, depuis, épousé un médecin réanimateur du SAMU.