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Forêts franciliennes : ceux qui les entretiennent sortent du bois

La forêt domaniale de Carnelle. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris

Le 21 mars, c'est la Journée internationale des forêts. Une date instaurée par l'ONU en 2011 pour rappeler que les arbres ne sont pas un décor. En Île-de-France, où 51 % des habitants avouent mal connaître leur région, c'est aussi l'occasion de prendre conscience qu'on vit entourés de forêts qu'on ne voit pas, gérées par des forestiers qu'on comprend mal. L'ONF a décidé d'en parler franchement, à Paris, du 18 au 21 mars.

Les forêts publiques franciliennes représentent 91 000 terrains de foot au-delà du périphérique. Celle de Rambouillet fait la taille de Paris. Le Vexin français s’étend sur sept fois Paris. Et pourtant, quand les Parisiens cherchent où aller le week-end, ils s’entassent sur les quais de Seine. La région la plus forestière de France par rapport à sa superficie urbanisée souffre d’un déficit chronique d’imaginaire – et d’information.

Ce n’est pas le seul malentendu qui pèse sur nos forêts. Depuis quelques années, le métier de forestier est devenu l’un des plus controversés du pays. Sur les réseaux sociaux, les agents de l’ONF sont accusés de « massacre à la tronçonneuse ». La forestière Claire Nowak nous le disait sans détour : « Quand nous expliquons que les coupes sont dues à des maladies très graves, j’ai parfois le sentiment que nous ne sommes pas crus. » Pourtant, nos forêts franciliennes sont entièrement façonnées par la main de l’Homme depuis des siècles – le châtaignier de Montmorency a été importé par les Romains. Sans forestiers, on ne pourrait plus s’y promener. Et sans forestiers, on ne planterait pas non plus la première forêt créée en France depuis Napoléon III, celle de Maubuisson dans le Val-d’Oise : un million d’arbres sur une plaine autrefois condamnée par les métaux lourds des boues d’épuration parisiennes.

L’ONF gère trois missions que rien ne prédispose à coexister : produire du bois, préserver la biodiversité, garantir l’accès du public en sécurité. Trois injonctions parfois contradictoires, rarement expliquées. C’est précisément l’enjeu du Festival « Forêts en scène », organisé du 18 au 21 mars à l’Académie du climat et dans les bois de Boulogne et de Vincennes, à l’occasion de la Journée internationale des forêts. Au programme : conférences avec climatologues et historiens, table ronde sur l’état de santé des forêts françaises, balades guidées, ateliers pour enfants, et une session avec le photographe animalier Vincent Munier pour ceux qui voudraient se laisser conter la forêt autrement.

Infos pratiques : Festival « Forêts en Scène » du 18 au 21 mars, Académie du Climat, place Baudoyer, Paris (4e), et bois de Boulogne et de Vincennes. Entrée libre. Balades en forêt du 21 au 29 mars. Projections dans six cinémas parisiens. Programme et inscriptions sur onf.fr

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