Culture
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« Clichy et Montfermeil ont droit au meilleur »

Les grandes institutions culturelles ne doivent pas être réservées qu'au Paris intra-muros. Telle est l'ambition du projet Médicis Clichy-Montfermeil dont nous parle Olivier Meneux, son directeur.

 

Tour Utrillo, futur écrin du projet Médicis Clichy-Montfermeil / DR
Tour Utrillo, futur écrin du projet Médicis Clichy-Montfermeil / DR

 

Comment est né le projet Médicis Clichy-Montfermeil ?

Olivier Meneux : L’idée a germé après les événements de 2005 en banlieue. L’une des préoccupations des élus locaux et de tous les acteurs de terrain était alors de faire en sorte que ces territoires ne se laissent pas enfermer dans une image négative. La culture est tout de suite apparue comme une manière de faire contre-rumeur, de permettre aux habitants, comme aux autres, de changer leur regard. Les maires de Clichy, Claude Dilain (décédé depuis, Ndlr), et de Montfermeil, Xavier Lemoine, ont dès lors plaidé pour que leurs villes, particulièrement enclavées, puissent aussi avoir droit au meilleur. D’où l’idée de créer une institution culturelle prestigieuse qui s’inspirerait de la Villa Médicis à Rome. Si ce projet n’a pu aboutir dans un premier temps, il dispose désormais de toutes les garanties pour voir le jour.

Quel est le calendrier prévisionnel ?

L’ouverture est envisagée pour 2024. Mais il n’est pas possible d’attendre tout ce temps sans rien faire. Cela représente deux générations d’enfants à qui l’on ne peut pas dire de patienter. Cette période correspond également à la mise en chantier du Grand Paris Express, le métro du Grand Paris dont l’une des stations desservira Clichy-sous-Bois et Montfermeil et prendra place à deux pas de la tour Utrillo, un ancien immeuble de bureaux racheté pour y conctruire le futur lieu du projet. Avec l’arrivée du métro Clichy et Montfermeil seront à 30 minutes de Châtelet, contre 1h30 aujourd’hui. Ces horizons lointains, il est nécessaire de les incarner dès à présent.

De quelle manière ?

Depuis avril, nous sommes une petite équipe d’une dizaine de personnes installée sur place et nous lançons cette semaine jusqu’au 1er octobre un premier moment de rencontre avec les « Temps suspendus », une série de spectacles et de promenades dans l’espace public. L’idée est d’établir un dialogue avec le territoire et de partager un peu de poésie, ensemble. Nous reproduirons ce rendez-vous tous les trimestres. Par ailleurs, nous allons accueillir des artistes et chercheurs dont le rôle sera de questionner ce territoire en mutation qu’est Clichy-Montfermeil et de se frotter aux habitants. Nous prévoyons également d’ouvrir un premier lieu en 2017 mais la priorité restera toujours le terrain. Nous allons investir aussi bien les centres sociaux, que les maisons de retraite et les cours d’immeubles.

 

Chloé Moglia, l'une des artistes invitée dans le cadre de Temps suspendu / © DR
Chloé Moglia, l’une des artistes invitée dans le cadre de Temps suspendu / © DR

 

Quelle est aujourd’hui votre perception de Clichy-Montfermeil ?

La Seine-Saint-Denis est un département que je connais bien. J’ai notamment été directeur-adjoint de la Culture et du Patrimoine du conseil général durant trois ans. Je suis à Clichy-Montfermeil depuis un an et je n’y vois pas la caricature que l’on en fait. Des richesses comme la forêt de Bondy, l’une des plus belles et des plus grandes d’Île-de-France, sont par exemple méconnues de l’extérieur. Une autre richesse, ce sont les 100 cultures différentes qui font la spécificité de ces deux villes. C’est une énergie incroyable que l’on retrouve aussi ailleurs dans les marges du Grand Paris, ses périphéries comme ses espaces relégués. Et selon moi, l’avenir du monde réside dans ses marges.

 

Retrouvez la programmation du projet Médicis Clichy-Montfermeil sur www.medicis-clichy-montfermeil.fr