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Trois châteaux franciliens vous ouvrent leurs grilles le temps d’une nuit

Le château de Grosbois. DR

Les 17, 18 et 19 avril, la Nuit des monuments propose ce que Vaux-le-Vicomte et Versailles ne proposent pas : pousser la grille de monuments vivants, privés ou peu connus, qui n'ont pas l'habitude d'accueillir des cars. Grosbois, Royaumont, Dampierre : trois adresses franciliennes à l'échelle humaine, le temps de trois soirées printanières.

Dampierre-en-Yvelines, le château que Kiloutou a sauvé (78)

Construit par Hardouin-Mansart sur les ordres du duc de Chevreuse, gendre de Colbert, dans un parc dessiné par Le Nôtre : rien moins que le même trio que Versailles, mais sans les files d’attente. La famille d’Albert de Luynes en fut propriétaire de 1663 à 2018, soit 355 ans, avant que le 13e duc ne vende le domaine à Franky Mulliez, fondateur de Kiloutou, passionné d’art Grand Siècle et d’attelage. Depuis, la restauration est l’une des plus ambitieuses d’Europe pour un monument privé : les intérieurs n’ont ouvert au public qu’au printemps 2024, une première dans l’histoire du domaine. Cette année, les jardins à la française et leurs jets d’eau, disparus depuis la Révolution, ont retrouvé leur splendeur. Les 17 et 18 avril de 19 h à 23 h, le parc et les allées s’illuminent de mille bougies, avec ambiance jazz et spectacle de drones. On n’illumine pas un monument installé, on fête une résurrection.

Grosbois, le château du PMU (Boissy-Saint-Léger, 94)

Improbable. L’histoire de Grosbois est un roman inattendu. Barras, le « roi du Directoire », l’acquiert puis Napoléon le rachète via Fouché et le rétrocède au maréchal Berthier. Sa famille y reste 150 ans. Au décès de la dernière propriétaire en 1960, le domaine faillit être morcelé en 4 400 logements. Avant de gagner le gros lot : c’est la SECF – Société d’encouragement à l’élevage du cheval français, aujourd’hui Le Trot – qui le rachète en 1962 et y installe son centre d’entraînement de trotteurs. Résultat : les salons Empire sont intacts, grâce aux 600 à 800 chevaux qui s’entraînent sur le domaine. Ce n’est pas un musée, c’est un lieu qui vit, financé par les courses hippiques. Les 17, 18 et 19 avril, vous pourrez y découvrir jeux de lumières, mises en scène nocturnes et récits captivants dans les allées du domaine.

Royaumont, l’abbaye résiliente (Asnières-sur-Oise, 95)

Elle a traversé l’Histoire, et c’est une histoire de résilience. Fondée en 1228 par Louis IX et sa mère Blanche de Castille, Royaumont fut un centre rayonnant du Moyen Âge, devint usine textile après la Révolution, retrouva une vocation religieuse en 1869, puis culturelle en 1905. Elle est aujourd’hui propriété de la Fondation Royaumont – ni État, ni famille, ni promoteur. Une structure indépendante qui en fait l’une des résidences de création artistique les plus actives de France et la plus grande abbaye cistercienne d’Île-de-France. Les 17 et 18 avril, on peut participer à un jeu d’énigmes en équipe dans les salles et jardins (de 20 h 30 à 22 h 30) ou à une visite guidée nocturne (de 21 h à 22 h). Une enquête de nuit dans les cloîtres de Saint Louis a une densité que les grandes eaux de Versailles n’auront jamais : vous n’êtes pas spectateur mais acteur. Le plus : navettes gratuites depuis la gare de Luzarches.

Infos pratiques : Billetterie sur nuitdesmonuments.com

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