
Ravagé par les flammes le 12 octobre, le plus vieux marché couvert de Paris, devenu star d’Instagram, fait l’objet d’une collecte de la Fondation du patrimoine. Objectif : 300 000 € pour contribuer à sa reconstruction. La Ville annonce aussi un accompagnement des commerçants sinistrés.
Les énormes sandwiches d’Alain Miam Miam, les cuisines du monde, les déjeuners serrés autour des comptoirs : le marché des Enfants Rouges, rue de Bretagne (3e), était de ces endroits où l’on venait autant manger que faire ses courses. On y trouvait aussi des produits magnifiques et hors de prix, on s’y montrait sur Instagram, on espérait y croiser une célébrité. Des images qui ont fait le tour du monde et attiré des touristes par milliers. On adorait le marché, mais on aimait aussi le critiquer, ses tarifs sans limites et ses files sans fin. Depuis l’incendie qui l’a ravagé dans la nuit du 11 au 12 octobre, c’est tout un morceau de la vie du Marais qui est à l’arrêt.
À sa façon, le marché des Enfants Rouges était l’anti-marché de Saint-Denis. Là-bas, on vient remplir son cabas, faire des affaires et retrouver ses commerçants ; rue de Bretagne, on venait aussi goûter, regarder, photographier – et parfois payer cher. Deux marchés couverts, deux façons de faire marché : l’un populaire au quotidien, l’autre devenu une adresse que le monde entier voulait voir. À Saint-Denis, la grande halle est une cathédrale commerciale.
Fondé en 1615 sous le règne de Louis XIII, le plus vieux marché couvert de la capitale s’appelait à l’origine le « petit marché du Marais ». Son nom actuel vient des pensionnaires d’un ancien hospice voisin, vêtus de rouge. Le marché ne l’adopte qu’à la fin du XVIIIe siècle, après le départ des enfants. Autre histoire moins connue : une vacherie a fourni du lait aux Parisiens sur place jusqu’à sa fermeture, en 1914.
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Déjà sauvé d’un projet de parking
Mais avant de devenir une adresse que les touristes s’échangent, le marché a bien failli finir en parking. Dans les années 1990, la halle, très délabrée, ferme ses portes et sa destruction est envisagée. Les commerçants et les riverains se mobilisent, jusqu’à dormir devant les lieux pour les sauver. Ils obtiennent gain de cause. Six années de travaux suivent. L’arrivée de traiteurs et de restaurateurs dans les années 2000 contribue ensuite à remettre le marché sur pied, et à faire voyager ses habitués d’un comptoir à l’autre.
Cette fois, selon la Ville de Paris, les flammes ont détruit la toiture, la charpente et l’ensemble des étals. Les pompiers ont toutefois préservé les commerces donnant sur la rue ainsi que les portails. Inscrit au titre des monuments historiques depuis 1982, le marché devra être reconstruit. La municipalité prendra en charge les travaux d’urgence comme ceux à plus long terme. Elle annonce aussi un accompagnement des commerçants et des riverains touchés, sans préciser de calendrier de réouverture.
La Fondation du patrimoine a ouvert le 14 octobre, avec le soutien de la Ville, une collecte qui vise 300 000 €. La page ne précise pas à quoi correspond exactement cet objectif ni le coût total de la reconstruction.
Pour participer : la collecte de la Fondation du patrimoine.

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15 octobre 2026 - Paris