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Visite archi à la patinoire, sans risque de gadins

La patinoire François Le Comte d'Evry-Courcouronnes. Photo Philippe Ayrault, Région Île-de-France
La patinoire François-Le-Comte d’Évry-Courcouronnes. Photo Philippe Ayrault, Région Île-de-France

Pour ses 50 ans, la patinoire François-Le-Comte d’Évry-Courcouronnes se visite gratuitement samedi 17 octobre, à l’occasion des Journées nationales de l’architecture. En baskets, pour une fois.

Tout le monde a un souvenir de patinoire. La musique trop forte, les chevilles qui plient, les chaussettes trempées, la rambarde à laquelle on s’accroche comme à une bouée. Et, au centre de la piste, ces experts du patin qui enchaînent pirouettes et marches arrière pendant que vous longez le bord avec la dignité qui vous reste. On les croirait échappés d’un championnat alpin. Quand trouvent-ils le temps de devenir aussi bons, et surtout de le rester ? La jalousie n’a jamais eu de réponse. Peut-être s’entraînent-ils en secret sur les monts de l’Essonne, qui culminent à moins de 200 mètres ?

Le samedi 17 octobre, on pourra en tout cas leur voler la vedette d’une autre manière : la patinoire François-Le-Comte d’Évry-Courcouronnes ouvre ses portes pour des visites guidées gratuites, en baskets et nez en l’air. Car le spectacle, ici, est aussi au plafond.

Le patrimoine ordinaire des Trente Glorieuses, pas si banal

Quand on vient patiner, on ne regarde pas le bâtiment. C’est pourtant lui la star : une charpente apparente en tubes de métal assemblés en triangles, un toit parabolique en forme de vague, du béton brut et une immense verrière au-dessus de 1 400 m² de glace, qui ouvre la piste sur l’extérieur. Le tout dessiné par les architectes Jean Le Couteur et Gérard Khalifa, dans le même projet que la piscine voisine, avec laquelle la patinoire partage encore son hall d’accueil. À son inauguration, le 15 mars 1975, l’ensemble n’a rien d’exceptionnel : la ville nouvelle d’Évry, décidée dix ans plus tôt pour désengorger Paris, livre alors piscines, patinoires et centres commerciaux dans le même élan. C’est ainsi que naît l’Agora, centre de loisirs et de culture accolé à un hypermarché régional, devenu aujourd’hui Le Spot.

Cinquante ans plus tard, ce quotidien des Trente Glorieuses est devenu un patrimoine. La glace coûte cher, l’Essonne ne compte plus que deux patinoires, et celle-ci, qui n’a pratiquement pas changé depuis son ouverture, a reçu en 2020 le label « Architecture contemporaine remarquable » du ministère de la Culture, réservé aux bâtiments de moins de 100 ans.

La visite permet de mesurer le chemin parcouru, et de mettre un visage sur le nom : François Le Comte, président de 1980 à 1991 de la section patinage artistique du SCA 2000, le club de sports de glace de l’agglomération d’Évry. Le thème des Journées nationales de l’architecture 2026, « Réhabiliter : bâtir l’avenir », tombe à pic pour cette doyenne qui n’a jamais eu besoin d’être réhabilitée, mais d’être mieux regardée.

Infos pratiques : Patinoire François-Le-Comte, allée de l’Agora, Évry-Courcouronnes (91). Visites guidées gratuites samedi 17 octobre 2026 à 10 h et 11 h 30, sur réservation : grandparissud.fr/. Accès : gare d’Évry-Courcouronnes (RER D, tram T12), puis quelques minutes à pied. Pour en savoir plus sur les 50 ans de la patinoire : grandparissud.fr/actualites

La patinoire François Le Comte d'Evry-Courcouronnes. Photo Philippe Ayrault, Région Île-de-France
La patinoire François-Le-Comte d’Évry-Courcouronnes. Photo Philippe Ayrault, Région Île-de-France