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La dernière grande forêt privée du Val-de-Marne ouvre au public le 20 juin
Publié le 2 juin 2026
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Article mis à jour le 26 mai 2026.
La Région a acheté une forêt dans le Grand Paris, pour l’ouvrir au public. Cela arrive souvent, d’acheter une forêt ?
Christophe Maillet : C’est très rare ! Le bois du Piple est un magnifique espace naturel de 110 ha qui se trouve à la frontière du Val-de-Marne, à l’est de la Métropole du Grand Paris. C’était la dernière grande forêt privée du département, fermée au public depuis des décennies. Ce qui est exceptionnel, c’est que ce bois est voisin de la forêt régionale de Grosbois, un espace de 134 ha que nous gérons pour le compte de la Région, ce qui le relie directement à la forêt domaniale de Notre-Dame et aux autres forêts régionales. Cet ensemble de bois et de forêts couvre au total plus de 4 000 hectares à cheval entre le Val-de-Marne et la Seine-et-Marne et consolide les continuités écologiques. C’est unique !
À quoi ressemble le bois du Piple ?
C. M. : En son cœur se trouve un château qui a été vendu il y a quelques années par les anciens propriétaires et transformé en appartements. La Région a acquis les espaces naturels, agricoles et boisés autour. Il y a des prés et des pâtures, des bois et un ancien parc paysager dessiné au début du XXe siècle et organisé autour d’un ensemble de pièces d’eau et de petits édifices connectés par des boucles de promenade. C’est un ensemble très riche et plein de charme.
Quand est-ce que le public pourra le découvrir ?
C. M. : Le domaine sera ouvert le 20 juin 2026. Nous avons démarré fin 2024 une phase d’études écologiques, patrimoniales et historiques afin de proposer une restauration du domaine de la manière la plus juste possible. La première phase de travaux correspondait aux travaux de mises en sécurité en vue de son ouverture au public. La conciliation des différents usages est au cœur des préoccupations de l’agence pour permettre l’accueil du public et la préservation de la biodiversité.
Justement, comment faire pour que l’irruption du public ne vienne pas dégrader une biodiversité qui a été très préservée jusque-là ?
C. M. : Effectivement, c’est un vrai enjeu ! Il y a 40 ans, on aurait ouvert au public sans trop se poser de questions en se réjouissant d’offrir un espace naturel aux habitants d’un territoire qui en manque cruellement. Aujourd’hui on fait différemment. Une fois terminé l’inventaire écologique, on imaginera des parcours à travers les espaces naturels qui permettront aux usagers d’en profiter tout en les maintenant à l’écart des espaces les plus fragiles. C’est une forme de design paysager au service de tous les enjeux.
Pourquoi avoir acheté ce domaine ?
C. M. : Notre objectif est bien sûr de le préserver et de l’ouvrir au public mais aussi de répondre au Plan Vert de la Région Île-de-France qui vise l’ouverture de 1 500 ha de nouveaux espaces verts d’ici à 2030. Cette nouvelle acquisition vient s’ajouter à celle du bois Saint-Martin, une propriété forestière de 280 ha que nous avons achetée en 2020 et ouverte au public en 2021. C’était la dernière grande forêt privée de Seine-Saint-Denis. Avec le bois du Piple, nous pourrons ouvrir un espace naturel au bénéfice de communes carencées comme Créteil et Maisons-Alfort (Val-de-Marne).
Pourra-t-on y accéder facilement sans voiture ?
C. M. : Le bois du Piple est à 400 m de la gare de Boissy-Saint-Léger, terminus du RER A d’où partira une liaison piétonne. Le site va pouvoir bénéficier à un territoire de près de 300 000 habitants. Notre volonté est de privilégier l’accès en transports en commun, mais aussi à vélo grâce au Réseau Vélo Île-de-France dont le tracé passera juste à côté. L’intérêt est de pouvoir circuler en suivant les sentiers de grande randonnée, les sentiers forestiers et les pistes cyclables à travers la Ceinture verte francilienne.
En quoi consiste cette Ceinture verte ?
C. M. : Île-de-France Nature concentre son action depuis presque 50 ans sur les espaces agricoles, forestiers et naturels les plus sensibles, situés dans un rayon de 10 à 30 kilomètres du centre de Paris, pour les préserver et les ouvrir au public. Nous avons ainsi constitué une Ceinture verte de 45 000 hectares dont 15 000 ont été acquis par la Région. Notre agence, unique en son genre, a pour objectif de restaurer l’équilibre entre la nature et la ville au service des Franciliens. Ces espaces qui sont à l’abri de l’artificialisation permettent de préserver la biodiversité et participent aux trames vertes et bleues régionales. Au sein de ces espaces, nous gérons également pour le compte de la Région environ 2 300 ha de terres agricoles avec près de 150 exploitants et locataires qui ont signé des baux ruraux. Un tiers de ces surfaces est exploité en bio et un agriculteur sur deux développe des circuits de proximité.
Plus d’infos sur iledefrance-nature.fr


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