Artdevivre

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La Grande bouffe made in banlieue

Il y en a qui pensent que la gastronomie de banlieue, c’est kebab et plats surgelés. Ceux-là, ils ont tout faux. Extra-périph', on sait aussi dorloter les becs fins. Et faire de bons produits. La preuve en 8 adresses.

Le saumon, dans le 9-3, on le fume !

SAFA bien pour eux, merci. Depuis 1926, pour être précis, quand une famille de juifs polonais a crée, dans les hauts de Montreuil, la SAFA, petite usine où l’on fume le saumon et autres bêtes des fonds marins (harengs, anguilles, etc.) 90 ans plus tard, c’est devenu une institution bien connue des fines gueules du neuf cube. La spécialité de la maison est un délice absolu : le saumon sauvage de la Baltique, à la chair rose pastel, au gout subtil, sans sucres ajoutés – pas comme dans la plupart des saumons ordinaires. Il faut dire que le saumon sauvage représente moins de 1% des ventes de salmonidés fumés vendus en France. Un vrai luxe made in banlieue !  Et une petite info en passant : du 17 au 24 décembre, un resto éphémère installé dans l’usine permet de déguster des tartines de pain Poilâne à l’anguille et au saumon. On a goûté, ça le fait. 

Infos pratiques : Safa, 130 rue de Chanzy, Montreuil (ligne 9, métro Mairie de Montreuil puis… 10 mn de marche en direction du cimetière). Pour les horaires et les prix, consulter le site web. Compter environ 70 € le kg de saumon sauvage et 60 € le kg de saumon bio, quand on l’achète directement à l’usine de Montreuil. 

safa 1926 

Il a bon gout, l’agneau de banlieue !…

Leurs moutons paissent paisiblement depuis trois ans sur différents pâturages de notre verte banlieue. Une base militaire à Houilles (78), un campus de fac à Villetaneuse (93) et, parfois, les abords du canal St-Denis, en face du Stade de France. Grâce aux bergers urbains de Clinamen, les ovidés ont fait leur retour en Seine-Saint-Denis. Ils vont aussi faire leur retour dans nos assiettes ! C’est que les bergers veillent à l’équilibre démographique de leur troupeau, du coup, deux fois par an, quelques agneaux y passent. Avis aux amateurs, une vente exceptionnelle d’épaules, côtelettes et autres morceaux de choix est organisée samedi 19 décembre, de midi à 22h, sur le parvis de la basilique de Saint-Denis, où se tient un marché de Noël. Ça va sans dire mais l’agneau de banlieue est bio, il est vendu sous vide et les normes sanitaires ont été respectées…  

Et pour ceux qui préfèrent l’agneau quand il bien vif, deux transhumances sont organisées les 13 et 20 décembre par les bergers de Clinamen, entre le campus de Paris 13 à Villetaneuse, et la basilique. Avis aux amateurs. Nous, on l’a fait une fois, et on a adoré

Infos pratiques : Tout  est précisément raconté sur la page Facebook des bergers. Et un peu moins (clairement) sur leur site web

 

les moutons dans le 93

 

Tu as le cafard ? Prends donc un ver ! 

Pour animer le réveillon, on a trouvé mieux que le camembert qui couine ou le coussin péteur : Les biscuits apéritifs 100% fabriqués avec des insectes. Des grillons, des sauterelles et des petits vers blancs, assaisonnés à la sauce BBQ, à la grecque ou au cumin et autres paprika. Ce sont trois étudiants qui en ont eu l’idée en regardant un épisode de Koh Lanta… Leurs bébêtes viennent de fermes (et oui) européennes certifiées, et ils les transforment dans leur usine du 77. Le résultat est étonnant et, franchement, pas mal. Sur le plan nutritionnel, y’a pas photo, en tout cas : grignotez des grillons, ce sera meilleur pour votre taux de cholestérol que des cacahuètes ou des biscuits aux graisses saturées. 

Infos pratiques : Le sachet de Jimini’s coûte 8 €. On trouve ces adorables bestioles à la Grande Épicerie du Bon Marché (Paris 7e) et sur le site du fabricant

 Insectes apéritifs

 

La banlieue, l’autre pays du fromage.

Coulommiers, Brillat-Savarin, Brie noir, de Provins, de Montereau ou fermier, Fougeru, Saint-Jean de Brie, Saint Siméon, Vignelait… ces fromages plus ou moins connus sont les stars du 77, façon voie lactée de vache ou de brebis. Et comme on y tient beaucoup, au caractère agricole du Grand Paris, on vous a sélectionné 3 adresses de fermes où se faire un beau plateau de frometons (pour en trouver d’autres encore, on clique ici.) : 

La tomme rouge : une seule ferme du 77 produit cette tomme hyper crémeuse, idéale pour l’apéro avec un bon Chablis : c’est la Ferme de la Chalotterie, une exploitation bio de 60 ha où paissent des vaches de race jersiaise. On ne connaissait pas. Il parait que c’est une laitière d’enfer. Où  ?  La Chalotterie, 77580, Ozouer-le-Voulangis. Contact: 01 64 07 60 68 & lachalotterie@orange.fr 

Le crottin de brebis « est obtenu à partir du même caillé lactique que la faisselle, mais il est moulé et égoutté environ 24 heures. C’est la forme du moule qui sonne l’aspect final du fromage.Sa texture est finement sableuse et sa saveur est légèrement acide et douce. » Voilà ce qu’en disent les producteurs de  la bergerie Fontaine Clairette où paissent 70 Brebis laitières de Race Lacaune avec le lait desquelles ils produisent des yaourts, de la faisselle, des crottins etc. Où ?  A la Bergerie Fontaine Clairette, Route de Ricordeaux, 77710 Nanteau-sur-Lunain. Contact : 01 64 29 66 98.

Le camenchèvre de Lunain… Trop fort comme petit nom ! Le Camenchèvre est un fromage moelleux à pâte molle et à croûte fleurie. À l’affinage, qui peut durer entre 2 et 3 semaines, il se couvre d’une croûte fine de couleur blanche à crème et sa pâte prend une couleur ivoire. Où ?  Chèvrerie du Lunain, 2 Ter rue de la Vallée, 77140, Nonville. Contact : 01 64 78 70 44.

 

brie

 

Les derniers champignons de Paris poussent dans le 78

Leur culture, démarrée il y a deux siècles dans les entrailles de la Capitale (sous la colline de Chaillot entre autres) et dans les carrières alentours, s’est aujourd’hui délocalisée en Chine, aux Pays-Bas ou en Pologne. Résultat, les champignonnistes ne sont plus qu’une poignée en région parisienne. S’ils frôlaient les 300 dans les années 1880 et demeuraient encore une centaine il y a 50 ans, leur nombre est tombé aujourd’hui à moins d’une dizaine. Repoussés au-delà des frontières du périph’, ces derniers dinosaures essaient tant bien que mal d’échapper à la chronique d’une extinction annoncée.

D’ici là, ne passez pas à côté de ces petits bijoux, à l’exemple de ceux que produit et vend Angel Moiol à Montesson (78), à mi-chemin entre Saint-Germain-en-Laye et Nanterre. Grands restaurants, AMAP et même quelques particuliers, s’approvisionnent directement chez lui. A 3€ le kg… Et un tuyau, qu’il nous a confié: « Il faut juste avoir une chose en tête : les champignons de Paris blonds ont plus de saveurs que les blancs. Un filet d’huile d’olive suffit pour les déguster. » 

Infos pratiques : Champignonnière « Les Carrières », Angle de l’avenue du Général de Gaulle et de la rue Jean Macé 78360 Montesson. Tél. : 06.09.06.21.52 (pour vérifier les horaires d »ouverture, par ex.)

champignons

 

La ruche qui dit oui à 500 producteurs franciliens

On ne présente plus la Ruche qui dit oui, ce réseau d’AMAP 2.0 qui permet à tout un chacun d’acheter des produits locavores, issus de l’agriculture de proximité. On voulait juste donner deux infos. Comme ça. La première est que ce phénomène ultra parisien se développe de plus en plus en banlieue. Et c’est tant mieux. La seconde info, c’est que les ruches du Grand Paris permettent à 500 agriculteurs et  producteurs franciliens, d’y vendre le fruit de leur travail. Et ça, c’est vraiment une bonne nouvelle ! 

Infos pratiques : La carte des ruches est ici. Celle des AMAP franciliennes, par