3 expos parisiennes avec petite balade verdoyante à la clé. Au programme : un peintre algérien qui dialogue avec Monet et Courbet dans l'écrin Belle Époque du Petit Palais, les tourbillons colorés de Gerhard Richter face aux allées du Jardin d'acclimatation, et une plongée dans les mondes du sommeil au musée Marmottan avant d'aller rêvasser dans les jardins du Ranelagh. De quoi pallier le blues hivernal sans faire exploser son budget, puisque l'une de ces trois expos est en accès libre. À savourer avant la fin du mois de janvier.

Croiser Monet et le métro parisien au Petit Palais
Il se voyait footballeur, il est devenu peintre. L’Algérien Bilal Hamdad accroche ses grandes toiles du Paris contemporain – quais de métro, terrasses bondées, foules métissées – au cœur des collections permanentes du Petit Palais, parmi les Courbet et les Monet. Un dialogue saisissant entre les siècles, en accès libre, qui rappelle que la peinture peut encore saisir la ville telle qu’elle est vécue. Les références aux maîtres fusent : ici un clin d’œil à Manet, là une citation de Vermeer glissée dans une scène de café. Hamdad compose ses tableaux à partir de fragments photographiés dans la ville, qu’il assemble ensuite dans son atelier du 19e. Résultat : des scènes où l’on reconnaît nos stations, nos doudounes flashy, notre indifférence urbaine… Et pourtant, ça tient la comparaison avec ce qui est accroché juste à côté.
Pour prolonger cette immersion picturale, direction le jardin intérieur du Petit Palais, l’un des secrets les mieux gardés du quartier. Ce péristyle à colonnade abrite un havre de verdure méditerranéenne où palmiers, lauriers-roses et bassins bordés de mosaïques invitent à la contemplation. Un café y a élu domicile : l’endroit parfait pour siroter un thé en terrasse, entouré de fresques et de verdure, à l’abri de l’agitation des Champs-Élysées. L’hiver, c’est l’un des rares jardins parisiens où l’on peut s’attabler dehors sans grelotter.
Infos pratiques : Bilal Hamdad au Petit Palais, av. Winston-Churchill (8e). Jusqu’au 8 février 2026. Entrée libre. Jardin intérieur accessible aux horaires du musée, du mardi au dimanche de 10 h à 18 h (nocturne le vendredi jusqu’à 21 h pour les expos temporaires). Accès : métro Champs-Élysées–Clemenceau (lignes 1 et 13). Plus d’infos sur petitpalais.paris.fr

Lâcher prise dans les couleurs de la Fondation Louis-Vuitton
Ne vous faites pas avoir par les couleurs de ses tableaux. La Fondation Louis-Vuitton consacre sa grande exposition du moment à Gerhard Richter, maître de la brume, des tourbillons colorés et des paysages à peine réels. Celui qui étale la couleur comme de grandes flaques ne le fait pas seulement pour la beauté du geste, mais représente dans ses aplats ses doutes et questionnements, alors qu’il peint dans une Allemagne en proie à la (re)montée du nazisme. Ses œuvres déroutantes inondent les étages de la Fondation et créent une continuité avec les couleurs chatoyantes du Jardin d’acclimatation situé juste en face.
Avec ses architectures de tous les pays et ses allées dessinées, ce jardin est le parfait remède pour retrouver espoir après une plongée dans l’inconscient richtérien. Créé par le naturaliste Geoffroy Saint-Hilaire avec l’impératrice Eugénie, le parc avait auparavant pour but d’acclimater les animaux au contact humain avant de les présenter au public. Aujourd’hui, 450 espèces y déambulent dans des enclos ou en liberté. On y trouve aussi de nombreuses attractions. L’idéal pour s’offrir une balade au milieu de ses décors de Noël, ou récompenser des enfants traînés de force au musée avec un tour de « Rivière enchantée » ou de la montagne russe « le Défi du dragon ». Une après-midi pleine de mouvements, dont toute la famille devrait se souvenir…
Infos pratiques : Gerhard Richter à la Fondation Louis-Vuitton jusqu’au 2 mars 2026, 8, avenue du Mahatma-Gandhi (16e). Musée ouvert tous les jours sauf le mardi de 11 h à 20 h. Tarifs : de 5 à 16 €. Billet combiné avec un accès au Jardin d’acclimatation (attractions non incluses). Accès : métro Les Sablons (ligne 1) ou bus 63 arrêt Fondation Louis-Vuitton. Plus d’infos et réservation conseillée sur fondationlouisvuitton.fr

Rêver entre le musée Marmottan et les jardins du 16e arrondissement
Avec la nuit pointant le bout de son nez dès l’heure du goûter, impossible de ne pas somnoler les après-midi d’hiver. Pour s’inspirer pendant ses rêveries journalières, direction le musée Marmottan-Monet, qui explore les frontières mouvantes du sommeil dans son exposition « L’Empire du sommeil ». Ici, les peintres symbolistes de Monet à Hodler sont représentés comme de véritables explorateurs de nos mondes intérieurs dans une atmosphère feutrée qui se prête naturellement à cette plongée entre veille et songe. Devant les scènes de rêves et les corps endormis, difficile de ne pas bâiller d’envie…
Pour ne pas se laisser sombrer dans la boutique du musée, allez faire un tour dans les jardins du Ranelagh, vaste étendue de verdure où un charmant kiosque se prête divinement à la flânerie amoureuse. Et pour ceux qui préféraient les longues balades où se défouler les gambettes, le bois de Boulogne vous ouvre ses bras juste un peu plus loin avec ses étangs et ses sentiers ombragés. Attention toutefois à ne pas vous transformer en Belle au bois dormant…
Infos pratiques : Exposition « L’Empire du sommeil » jusqu’au 1er mars au musée Marmottan-Monet, 2, rue Louis-Boilly (16e). Ouvert du mardi au dimanche de 10 h à 18 h, le jeudi jusqu’à 21 h. Tarifs : de 10 à 14,50 €. Accès : métro La Muette (ligne 9) ou Boulainvilliers (RER C). Plus d’informations et réservations sur marmottan.fr.
Jardins du Ranelagh ouverts tous les jours en accès libre, 1, avenue Prudhon (16e). Bois de Boulogne, ouvert tous les jours en accès libre.
17 janvier 2026 - Paris