« Marcher avec des moutons permet de redécouvrir la ville »
Mona Prudhomme et Jean-Fabien Leclanche
Publié le 2 juillet 2019
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Depuis plusieurs années, le collectif des Bergers Urbains arpente les rues de Seine-Saint-Denis au rythme des moutons. Le 16 septembre dernier, nous organisions avec eux une transhumance entre Villetaneuse, Paris et La Courneuve, immortalisée par le photographe Jean-Fabien Leclanche. Un avant-goût de la Transhumance du Grand Paris qui se tient du 6 au 17 juillet et qui doit permettre de porter un autre regard sur la ville comme en témoigne Guillaume Leterrier, l'un des fondateurs des Bergers Urbains.
Plus d’infos sur la Transhumance du Grand Paris du 6 au 17 juillet rubrique « Balades »
Guillaume Leterrier : « La marche est primordiale en ce qu’elle permet d’ouvrir notre réflexion et de relativiser. Je suis persuadé qu’il n’y a rien de tel contre la déprime. Elle permet aussi bien l’introspection que la discussion avec autrui. La flânerie collective pousse au partage et délie les langues. Nombre d’habitants immigrés marchant à nos côtés se livrent sur leur nostalgie du pays, retissent leurs histoires de vie à la vue de notre pratique, atypique en France mais traditionnelle chez eux ».
« Nous nous calons sur le rythme lent du mouton, apprenons à redécouvrir la ville à travers ses errances, à en observer les moindres détails. C’est presque lui qui nous guide en réalité. Pendant nos transhumances, je suis toujours épaté de constater la quantité et la diversité des espaces verts en périphérie de Paris. Espaces que peu d’habitants prennent le temps de s’approprier et qui se transforment en simples lieux de passage dans nos quotidiens parcourus au pas de course. Ces prairies des villes doivent vivre et s’animer ! Le berger joue le rôle de fédérateur social, de ceux que l’on aime croiser par hasard comme le joueur de flûte d’antan ».
« L’aura du mouton nous permet d’aller partout. Quand on arrive avec nos trente brebis, c’est un peu l’effet machine à café au bureau. C’est un temps de pause où tout le monde se rassemble et échange, sans distinction entre les jeunes du quartier et les CSP+ qui sortent du boulot. Les habitants nous remercient de venir jusqu’à eux. Si les bêtes étaient seulement sur un terrain en éco-pâturage ils n’iraient pas les voir, ou pas avec une approche aussi naturelle ».
« Le mouton nomade sait se soigner seul et repérer les herbes correspondant à sa pathologie. Il s’empoisonne bien plus facilement lorsqu’il est en captivité. L’agriculture urbaine s’avère, dans notre cas, plus vertueuse que celle d’un mode d’exploitation classique. Nos amis paysans ou vétérinaires ruraux envient nos terrains vierges de phytosanitaires et n’en reviennent pas que l’on fasse de l’élevage sur des zones Natura 2000 comme dans le parc de La Courneuve ! »
Pour plus d’informations sur les Bergers Urbains, rendez-vous sur bergersurbains.com
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