À Pantin, ça danse jusque dans la rue
Publié le 5 mai 2026
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Le CN D, fermé mais bien vivant
En sortant du métro Église de Pantin, on longe le canal vers l’est. Au numéro 1 de la rue Victor-Hugo, le grand vaisseau de béton armé inauguré en 1973 – ancien centre administratif reconverti en 2004 par les architectes Antoinette Robain et Claire Guieysse, Équerre d’argent à la clé – vit aujourd’hui sa mue. Le chantier durera jusqu’à fin 2028. Pendant ce temps, le CN D a déployé ce qu’il appelle son plan D : aller chercher d’autres lieux, d’autres publics, d’autres formes (on en parlait ici avec Delphine Vuattoux). Aux Magasins Généraux, c’est l’épisode 1 d’un cycle.
On reprend la marche. Sur l’eau, les péniches sont alanguies. En face, Le Barboteur est le troquet flottant idéal pour l’après-visite. Et droit devant se dresse l’ancien entrepôt des douanes des années 30 qui abrite depuis 2017 les Magasins Généraux : agence de com BETC à l’étage, espace culturel libre d’accès au rez-de-chaussée. Toutes les expos y sont gratuites, les visites guidées aussi.
Expo : une assemblée des gestes
L’exposition est signée Christian Rizzo et Anne-Laure Lestage. Rizzo est chorégraphe, plasticien, ex-directeur du Centre chorégraphique national de Montpellier (2015-2024), passé par le rock et la mode avant la danse. Leur idée : regarder nos gestes les plus humbles comme des chorégraphies ritualisées.
Sur une grande table s’étendent des centaines de noix et des torchons peints à la main : Les Mondailles réactive une tradition rurale rhônalpine, le ramassage collectif des noix, prétexte à transmission et à récit. Plus loin, des costumes suspendus en tissu de cerf-volant flottent entre piñata et silhouette humaine, comme un corps inventé, mi-humain mi-végétal. Au fond de la salle, trois guitares reliées par un échafaudage exigent trois corps pour produire un son : la coopération forcée, presque burlesque, agit en révélant que le geste est d’abord une affaire de relation.

Le 23 mai, le quartier entier devient piste
Pour clore l’expo, le CN D installe son « 1km de danse » sur six scènes en plein air entre la rue Victor-Hugo et la place de la Pointe : quai de l’Ourcq, jardin du 19-Mars-1962, Théâtre du Fil de l’eau, mail Charles-de-Gaulle, et finale festive aux pieds des Magasins Généraux. De 14 h à minuit, classique, contemporain, hip-hop, gwoka, k-pop, danse khmère, samba, électro… la programmation ressemble à un atlas. L’échauffement d’ouverture par Fabien Almakiewicz et la Flags parade de Darius Dolatyari-Dolatdoust sont d’ailleurs intégrés à l’exposition des Magasins Généraux : le « 1km de danse » et Une assemblée des gestes forment un seul geste. Pendant que les façades du CN D finissent de sécher, la danse, elle, prend la rue. [On en parlait l’an dernier avec Delphine Vuattoux : voir notre entretien sur le plan D.]
Infos pratiques : Une assemblée des gestes (épisode 1), jusqu’au 24 mai aux Magasins Généraux, 1, rue de l’Ancien-Canal, Pantin. Métro Église de Pantin (ligne 5) puis 8 min à pied. Entrée libre, visites guidées les week-ends à 14 h 30 sur réservation : magasinsgeneraux.com. « 1km de danse » : samedi 23 mai, de 14 h à minuit, entre le CN D et les Magasins Généraux. Plus d’infos et programme sur cnd.fr
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