« Ce cèdre tricentenaire du 9-3 a besoin de vos votes pour devenir l’Arbre de l’année »
Publié le 27 novembre 2025
1 minute de lecture

Le cèdre de Livry-Gargan. DR JLM
Trente mètres de haut, neuf branches maîtresses déployées comme les bras d’un géant, une silhouette en plateaux horizontaux reconnaissable entre mille : le cèdre du Liban de Livry-Gargan est un monument. Pas de pierre, mais de sève et d’écorce. Et c’est lui qu’un jury d’experts franciliens réunissant notamment des représentants de l’association Arbres, d’Ile-de-France nature et de l’Office national des forêts, a choisi pour porter les couleurs de la Région au concours national de l’Arbre de l’année.
« On a reçu plusieurs dizaines candidatures de la part de communes, d’hôpitaux, d’écoles, de particuliers », explique Sébastien Rochette, expert forestier et écologue d’Île-de-France nature, qui a accompagné le jury dans l’évaluation des dossiers. Originaire du 93, il a grandi avec ce cèdre dans son paysage. « Cet arbre, je l’ai souvent vu, il fait partie de mon imaginaire personnel. » Sur 120 dossiers déposés à l’échelle nationale, 38 venaient d’Île-de-France. Près d’un tiers ! « Ça dit quelque chose de notre rapport à l’arbre en milieu urbain. Dans un environnement aussi artificialisé, il y a une vraie envie de protéger ces survivants. »
Un rescapé de l’urbanisation
Car ce cèdre est bien un survivant. Planté vers 1750 dans le parc de la propriété « le Grand Berceau » – qui appartenait alors au duc des Lorges –, il a traversé les siècles tandis que la banlieue parisienne se construisait autour de lui, jusqu’à l’encercler. Là où s’étendaient autrefois des domaines aristocratiques et des terres agricoles, la ville a poussé. Lui est resté.
« On n’est pas du tout dans l’image bucolique de l’arbre champêtre, reconnaît Sébastien Rochette. C’est un arbre urbain, en bord de route nationale. La RN3 a même été légèrement déviée pour le préserver. » Un geste fort, qui témoigne de l’attachement des habitants et des pouvoirs publics à ce géant vert planté au milieu du bitume.
300 ans, et encore adolescent
Avec ses 4,80 mètres de circonférence et son port majestueux, le cèdre de Livry-Gargan en impose. Mais, à l’échelle de son espèce, c’est presque un jeunot : un cèdre du Liban peut théoriquement vivre 2 000 ans. « En termes d’âge, c’est un ado, sourit l’écologue. Il a traversé son enfance dans un parc aristocratique, puis s’est retrouvé adolescent en bord de nationale. Tout l’enjeu aujourd’hui, c’est de lui permettre d’atteindre l’âge adulte dans cet environnement urbain. »
Les équipes de la ville veillent sur lui : diagnostics réguliers, soins adaptés, surveillance de son état physiologique, haubanage. De quoi lui assurer, espère-t-on, encore plusieurs siècles de vie.
Voter, c’est envoyer un signal
Il y a trois ans, le candidat francilien était un châtaignier de l’époque de Louis XIV rescapé de l’urbanisation pavillonnaire dans l’Ouest parisien et l’an dernier un orme de Crouy-sur-Ourcq, commune rurale à la lisière de l’Île-de-France. Cette année, avec le cèdre de Livry-Gargan, le jury a voulu mettre en lumière un arbre au parcours différent : moins pastoral, plus combatif.
« Voter pour cet arbre, c’est dire que les arbres de banlieue, en bord de route, comptent aussi, insiste Sébastien Rochette. C’est envoyer un signal : remarquez-les, protégez-les. Dans nos villes, l’arbre est devenu un témoin du vivant. Il y a quelque chose de très fort dans notre rapport à ces géants qui ont traversé les siècles alors que tout changeait autour d’eux. »
Et vous, quel arbre vous émeut près de chez vous ?
Infos pratiques : Votez pour le cèdre du Liban de Livry-Gargan sur arbredelannee.com jusqu’au 22 décembre 2025. Les résultats seront annoncés le 15 janvier 2026. L’arbre élu par le public représentera la France au concours européen.
À lire aussi : Où sont les arbres remarquables dans le Grand Paris ?
À lire aussi : Théodore Rousseau, le peintre porte-voix des arbres de Fontainebleau
À lire aussi : Un châtaignier francilien planté sous Louis XIV en lice pour être l’Arbre européen de l’année
À lire aussi : À Montesson, un arbre pour incarner une vision du soin par la nature
