Pour ses dix ans, la Métropole du Grand Paris reçoit un atlas
Publié le 16 mars 2026
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Trafic moyen annuel journalier. Apur
Commençons par ce qui va mieux. C’est toujours plus encourageant. La qualité de l’air s’améliore depuis 2012. La pollution aux particules fines recule, même si 20 % de la population dépasse encore les seuils de l’OMS. La Seine revit : 10 espèces de poissons en 1990, 31 en 2024. La faune sauvage s’installe, des chauves-souris dans les parcs aux faucons pèlerins sur les tours. Et les habitants courent : les trajets enregistrés sur Strava ont doublé entre 2022 et 2025, dessinant les « stades XXL » du Grand Paris – berges, canaux, bois, parcs.
Mais l’atlas documente aussi ce qui inquiète. Soixante-quinze pour cent des habitants vivent dans des quartiers touchés par les îlots de chaleur, avec des projections à +3,2 °C d’ici la fin du siècle. Le bruit routier dessine une toile qui irradie depuis le périphérique, jusqu’à 75 décibels en continu. Airbnb a explosé : de 47 000 à 118 000 annonces entre 2018 et 2025.
Ce que montrent ces cartes, c’est que les problèmes sont partagés. La chaleur ne s’arrête pas aux portes de Paris. Le bruit du périphérique concerne autant Pantin que le 19e. La pression touristique déborde sur Saint-Denis, Montreuil, Saint-Ouen. Autant de sujets qui ne se règlent pas commune par commune.
Et c’est là que l’atlas devient boussole. Car ces enjeux – chaleur urbaine, biodiversité, pression touristique – n’étaient pas vraiment au cœur du projet métropolitain esquissé il y a quinze ans. À l’époque, on pensait logement, transport, attractivité économique. On y pense toujours, mais ce territoire de 8 millions d’habitants a bougé. Ses urgences aussi.
Infos pratiques : Atlas de la Métropole du Grand Paris, éditions Apur, 320 pages, 29 €. En librairie ou sur apur.org
Pourquoi on en parle ? La Métropole du Grand Paris a dix ans, et la plupart de ses habitants seraient bien en peine de dire où elle commence, où elle finit, et quels sont ses enjeux. Cet atlas donne à voir, en cartes et en chiffres, ce qui lie les 130 communes du territoire. Qualité de l’air, chaleur urbaine, bruit, biodiversité, pression touristique : ces réalités ne s’arrêtent pas aux frontières municipales. Les documenter, c’est montrer pourquoi cette échelle, souvent abstraite, a du sens. Et donner à chacun les moyens de comprendre le territoire qu’il habite.

Rapaces nocturnes et chauves-souris dans la métropole du Grand Paris. Apur

Population résidant dans son département de naissance. Apur

Les faisceaux ferroviaires dans la métropole du Grand Paris. APUR

L’exposition au bruit routier. Apur