Lula remet le couvert et ça nous donne faim : le Brésil à Paris en 4 adresses
Publié le 29 octobre 2026
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Maracanã, 89e minute. Le score est contre vous, la torcida retient son souffle, et soudain tout bascule : le stade explose. C’est exactement le scénario que Lula a offert au Brésil et au monde entier le 25 octobre. Après un premier tour passé à courir derrière Flávio Bolsonaro, il rempile pour un quatrième mandat avec plus de 10 millions de voix gagnées entre les deux tours. Une remontada digne d’une télénovela.
Pour fêter ça, qu’est-ce qu’on mange ?

Pão de queijo : le petit pain qui s’étire
Au Brésil, la journée démarre au comptoir. Un café com leite brûlant, un pão de queijo tiède, et on file au boulot. C’est le croissant local, version salée : un petit pain au fromage à base de fécule de manioc, à la croûte fine, au cœur moelleux et élastique, qui s’étire sous la dent, presque filant. On le mange dès potron-minet ou au goûter.
Pour croquer dedans à Paris, direction Cafuné, une cantine franco-brésilienne tenue par deux anciens Cariocas tombés amoureux de la capitale. On y sert du bon café brésilien et, très certainement, les meilleurs pães de queijo de Paris : dodus, dorés, encore tièdes, avec un goût irrésistible de reviens-y.
Cafuné : 61, rue des Batignolles, Paris (17e). Ouvert du mercredi au vendredi de 10 h à 17 h et le week-end de 10 h à 18 h. Accès : Pont Cardinet (métro 14, ligne L).
Feijoada : le mijoté qui rassemble tout un pays
Impossible de parler du Brésil à table sans passer par la feijoada. C’est le plat national : un mijoté de haricots noirs cuit pendant des heures avec des morceaux de porc salé et fumé (travers, saucisse, poitrine). On la sert avec du riz blanc, du chou vert sauté, de la farofa croustillante et des tranches d’orange pour couper le gras.
Au Brésil, on ne la mange pas n’importe quand. C’est le repas du week-end, surtout le samedi midi, en famille ou entre amis, autour d’une grande table où l’on se ressert sans compter.
Son histoire est liée à celle de l’esclavage : on raconte qu’elle serait née dans les plantations, où les esclaves cuisinaient les bas morceaux laissés par les maîtres. Les historiens nuancent : la feijoada descendrait aussi des ragoûts portugais, et ne serait devenue plat national que bien plus tard, notamment à Rio.
Chez Gabriela, institution brésilienne à Paris depuis près de 25 ans, on la mange au cœur d’une jungle de masques de samba et de havaianas pendues au plafond, avec une équipe brésilienne en cuisine. On arrose évidemment le plat national avec une caïpi ou une Brahma bien fraîche, la bière adorée des Brésiliens.
Gabriela : 3, rue Milton, Paris (9e). Ouvert lundi et mardi de 19 h à 22 h, du mercredi au samedi de 12 h à 14 h et de 18 h à 22 h, le dimanche de 12 h à 16 h. Feijoada : 21 €. Accès : Notre-Dame de Lorette (métro 12).

Cap sur Bahia : dendê, coco et piment
Bahia, c’est l’âme du Brésil. Première capitale du pays, grand port du commerce des esclaves, cet État du Nordeste a mélangé les saveurs de l’Afrique de l’Ouest à celles des Indiens et des Portugais. Résultat : une cuisine solaire, pimentée, qui claque. Huile de palme orange vif (le dendê), lait de coco, crevettes séchées, coriandre, piment.
Pour y goûter à Paris, filez au marché Saint-Quentin, dans le 10e, entre la gare du Nord et la gare de l’Est. Sous la grande halle métallique, entre l’odeur du fromage et le tintement des bouteilles du caviste, côté boulevard Magenta, on est attiré par les percussions de samba qui nous emmènent tout droit au petit stand la Bahianaise. Aux fourneaux : Mariele. Ce jour-là, la cheffe sert son bobó de camarão, un classique bahianais : des crevettes mijotées dans une crème de manioc onctueuse, au lait de coco et à l’huile de dendê, d’un orange éclatant. Riche, soyeux, réconfortant, servi avec du riz. Et, sur le bord de l’assiette, comme presque toujours au Brésil, la farofa. Sacrée à table comme le pain en France, c’est de la farine de manioc grillée, sautée dans du beurre, de l’huile ou de la graisse, souvent avec de l’oignon et de l’ail. Une poudre dorée, sableuse et croustillante qu’on parsème sur le plat comme une chapelure.
La Bahianaise : Marché Saint-Quentin, 85 bis, boulevard de Magenta, Paris (10e). La carte change chaque semaine. Accès : Gare de l’Est (métro 4, 5, 7).

La crêpe brésilienne dans le Marais
Pas de panique pour les Bretons : ici, on ne touche pas à la galette. Mais cap au Nord-Est brésilien pour une crêpe qui n’a rien à lui envier. La tapioca, c’est la reine de la street food des plages et des marchés : une fécule de manioc humidifiée, versée dans une poêle sèche, qui prend en quelques secondes et se transforme en crêpe blanche, ultrafine et croustillante.
Pour la goûter, direction la rue des Écouffes dans le Marais. Faufilez-vous entre les files d’attente pour un falafel et repérez la façade jaune éclatant : c’est Onda, un comptoir tenu par Elsa et son frère Sacha, tombé amoureux de la tapioca pendant un long séjour au Brésil. Ici, la fécule arrive directement du pays, et la galette est repliée sur une garniture généreuse. Accompagnez-la d’un guaraná bien frais, la boisson de référence au Brésil, et vous voilà sur une plage de Recife.
Onda : 20, rue des Écouffes, Paris (4e). Comptez 12 € la tapioca. Accès : Saint-Paul (métro 1).

Le Brésil dans le caddie
Envie de rouler vos propres pães de queijo, de shaker votre caïpi ou de vous mettre à la farofa ? Rendez-vous chez Mon Petit Brésil, à Arcueil, pour faire le plein d’açaí, de cachaça, de guaraná, de feijão et de fécule de manioc.
Mon Petit Brésil : 57, avenue Jean Jaurès, Arcueil (94). Accès : Laplace (RER B).
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