Le Large, nouveau centre d’art de l’île Seguin, démarre sur les chapeaux de roues
Publié le 10 octobre 2026
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Une Renault 12 chargée jusqu’au toit, une Renault 9 que le sel et la végétation commencent à transformer : les voitures reviennent sur l’île Seguin. Mais celles-ci ne sortiront pas des chaînes de montage. Elles entrent au musée.
À la pointe de l’île, à Boulogne-Billancourt, le Large ouvre ses portes le 17 octobre. Pour sa première exposition, ce nouveau centre d’art contemporain a choisi un sujet qui appartient aux lieux : l’automobile. Le 31 mars 1992, la dernière voiture quittait l’usine Renault. Trente-quatre ans plus tard, Moteur imaginaire explore ce que ces machines ont transporté avec nous, bien au-delà des passagers.

De la cantine de Renault aux retours au bled
Le parcours réunit 120 œuvres de 55 artistes issus de 23 pays. Une cinquantaine proviennent de la collection artistique constituée par Renault entre 1967 et 1986, avec des pièces de Jean Dubuffet, Victor Vasarely, Jean Tinguely ou Julio Le Parc. Certaines sont présentées au public pour la première fois. La frise colorée de Julio Le Parc, elle, avait un public quotidien : les salariés qui fréquentaient la cantine de l’usine.
Cette présence de l’art dans une usine automobile donne au parcours son point de départ. Dix-sept artistes contemporains ont également été invités à intervenir. Avec du sel, de l’eau et de la végétation, Bianca Bondi transforme une carcasse de Renault 9 en un milieu où la matière évolue. La voiture, conçue pour nous déplacer, devient le support d’autres formes de vie.
Mohamed El Khatib s’intéresse à ce qu’elle emporte. Sa Renault 12 chargée jusqu’au toit évoque les retours au bled : les bagages que l’on empile, les liens que l’on maintient entre deux pays, la place que prend une voiture dans l’histoire d’une famille. Sur une île marquée par le travail industriel, cette mémoire de l’immigration trouve un écho particulier.
La Seine entre aussi dans l’exposition. Oliver Beer utilise les sons du fleuve, enregistrés pendant dix ans à l’aide de micros immergés, pour composer des paysages abstraits. Une autre manière de prêter attention à ce qui entoure l’ancienne usine.

Qui a dit que la voiture était une affaire d’hommes ?
Dans la section « Objets du désir », Judy Chicago fait apparaître des formes féminines sur des capots automobiles. Selma Selman peint des corps de femmes nus sur des éléments de carrosserie. Ces œuvres déplacent les représentations d’un objet longtemps associé à la puissance et à la virilité : la carrosserie devient une surface sur laquelle les femmes reprennent place.
La dernière partie, « La machine humaine », élargit le sujet aux relations entre le corps et la technologie, notamment avec une installation vidéo de Valentin Ranger.
Et les voitures poursuivent leur route sur grand écran. Au cinéma Pathé voisin, un cycle accompagne l’exposition avec, entre autres, Les Blues Brothers, Thelma et Louise et Le Corniaud. De quoi prolonger la visite avec quelques automobiles dont on connaît déjà les aventures.
Infos pratiques : Moteur imaginaire, du 17 octobre 2026 au 7 mars 2027 au Large, 3, parvis Amont, île Seguin, Boulogne-Billancourt (92). Du mercredi au dimanche, de 11 h à 19 h ; nocturne le vendredi jusqu’à 21 h. Tarif plein : 15 € ; réduit : 10 €. Gratuit jusqu’à 26 ans. Informations et billetterie. Ouverture gratuite les 17 et 18 octobre, sur inscription préalable : réservation.

