Le Bicentenaire de la photo se fête aussi dans le Grand Paris
Publié le 28 octobre 2026
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FLASH, un festival photo ambitieux à Fontenay-sous-Bois
Pour sa première édition, le festival réunit douze photographes et vidéastes dans la halle Roublot, ancien marché de Fontenay, pour l’exposition Trajectoire(s). Parmi eux figure Mohamed Bourouissa, déjà exposé au Palais de Tokyo. On déambule entre les cimaises comme dans un petit musée ou une grande galerie. Tous s’intéressent aux marges et à ce que signifie vivre à la périphérie.
La Franco-Brésilienne Carolina Arantes signe des portraits solaires de personnes afro-descendantes de la communauté queer au Brésil. Depuis vingt ans, Gil Lesage suit la transition de son enfant avec une tendresse retenue, dans un noir et blanc aux nuances douces. Le Japonais Rio Saito, qui habite Fontenay, a photographié au Caire des piétons contraints de traverser une autoroute urbaine pour aller gagner leur vie de l’autre côté. Il les saisit à l’arrêt, sur le terre-plein entre les voies, juste avant qu’ils ne repartent braver le danger.
Pratique : FLASH, jusqu’au 7 novembre 2026 à la NEF-Halle Roublot, 95 rue Roublot, Fontenay-sous-Bois (94). RER A Fontenay-sous-Bois puis douze minutes de marche. Entrée libre. https://flashphotofestival.fr/

À Créteil, 200LUX met en lumière les festivals photo de France
Deuxième édition pour cette exposition gratuite qui réunit les 33 membres du réseau LUX, festivals et foires de photographie. Après une ancienne poste du 9e arrondissement en 2024, l’association s’installe cet automne à la Maison des arts de Créteil et voit grand. Elle occupe le théâtre, l’esplanade, les coursives et même un espace fermé depuis des lustres.
Chaque membre du réseau y montre un ou plusieurs photographes présentés lors d’une de ses éditions passées. Impossible de parler de tous. On a aimé l’installation de l’Ukrainienne Elia Koval, présentée par le festival parisien Circulation(s). Elle a recréé une chambre où sa photo est accrochée sur un mur couvert d’insectes, des gendarmes rouges comme le sang. C’est une métaphore de la guerre menée par la Russie.
On a aussi été fasciné par les photographies iconiques recréées avec l’IA par Simon Brodbeck et Lucie de Barbuat, présentés par le festival de La Gacilly. On reconnaît tout de suite l’image d’origine, par exemple Dovima entre deux éléphants, chef-d’œuvre de Richard Avedon. Mais dans cette version bricolée par la machine, le mannequin ne se tient pas tout à fait de la même manière et ses mains sont très étranges.
Mention spéciale enfin à Frédéric Stucin, présenté par Planches Contact à Deauville : ses portraits d’artistes de cabaret tout en strass occupent la salle de l’ancien restaurant, au milieu de ses vieux lampadaires. On conseille de venir l’après-midi, d’enchaîner avec un spectacle au théâtre puis de dîner chez Deniz, dans la MAC, ou au centre commercial voisin.
Pratique : 200LUX, jusqu’au 19 décembre 2026 à la Maison des arts de Créteil (94), du mardi au samedi de 11 h à 18 h. M° Créteil-Préfecture, traverser le centre commercial et sortir porte 25, près du Carrefour. Entrée libre. https://billetterie.maccreteil.com/agenda/215-200LUX-EXPO-Reseau-LUX

Faire corps, les trésors photographiques de la collection Francès
Estelle et Hervé Francès ouvrent pour la première fois au public leur collection de photographies, réunie en vingt ans. Une partie est exposée à Clichy, dans le bâtiment de briques qui abrite aussi les bureaux de leurs entreprises, l’autre à Senlis. Au total, une centaine d’œuvres sont présentées sur les deux sites. Parmi elles figurent des images devenues des icônes, comme Migrant Mother de Dorothea Lange. C’est le portrait bouleversant d’une femme marquée par la vie, entourée de ses enfants dans un campement de fortune pendant la crise économique américaine des années 1930.
Les collectionneurs aiment les portraits sensibles, parfois dérangeants, comme ce petit garçon tenant une grenade factice photographié par Diane Arbus à New York en 1962. Ils aiment aussi les images de reportage où les êtres humains, souvent dans la souffrance, occupent le premier plan.
Pratique : Faire corps, vingt ans de photographie dans la collection Francès, jusqu’au 19 décembre 2026 à la Fondation Francès, 21 rue Georges-Boisseau, Clichy (92), du jeudi au samedi de 11 h à 19 h. M° Saint-Ouen (ligne 14). Gratuit, sur réservation. https://www.fondationfrances.com/

Paris, de jour comme de nuit, avec Brassaï au Hangar Y
« Rien n’est plus beau ni plus grand que la réalité elle-même », écrivait en 1932 le photographe d’origine hongroise Brassaï (1899-1984). Dans les années 1930, il arpente les rues de Paris et en rapporte des clichés au noir et blanc contrasté. Une centaine de ses tirages, issus de la collection familiale, sont accrochés au Hangar Y. On y suit son boîtier dans les bars et les cabarets, dans les ruelles désertes éclairées par les réverbères, devant les affiches et surtout les graffitis, dont il révèle la beauté brute.
Pratique : Brassaï, L’Œil de Paris, jusqu’au 21 février 2027 au Hangar Y, 9 avenue de Trivaux, Meudon (92), tous les jours de 11 h à 19 h. RER C Meudon-Val-Fleury ou ligne N Meudon, puis bus 169, 289 ou 389, arrêt Trivaux-Hangar Y. Plein tarif : 10 €. https://hangar-y.com/

Kwame Brathwaite : Black is Beautiful à la Maison Doisneau
Retour, à Gentilly, sur les années 1960 effervescentes et militantes aux États-Unis, qui voient éclore le mouvement Black is Beautiful. Le photographe Kwame Brathwaite (1938-2023) et son frère Elombe Brath (1936-2014), activiste panafricain, ont contribué à populariser ce mot d’ordre. Il est devenu un état d’esprit et une affirmation de fierté, au moment où les Afro-Américains luttaient pour leurs droits civiques.
Les deux frères ont aussi cofondé l’AJASS (African Jazz-Art Society & Studios), d’abord dans le Bronx puis à Harlem. Le collectif organisait des concerts et des défilés de mode avec des mannequins noires aux cheveux naturels, non lissés. Kwame Brathwaite a photographié la vie du studio et les défilés. Il a aussi réalisé des portraits lumineux aux couleurs vives, où les coiffures afro mêlent glamour et affirmation de soi.
Pratique : Kwame Brathwaite, Black is Beautiful, jusqu’au 14 mars 2027 à la Maison de la Photographie Robert Doisneau, 1 rue de la Division-du-Général-Leclerc, Gentilly (94). RER B Gentilly puis dix minutes de marche. Entrée libre. https://maisondoisneau.grandorlyseinebievre.fr/