Avec Close-Up, le Grand Paris crève l’écran
Publié le 1 novembre 2026
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En partenariat avec la Métropole du Grand Paris
Depuis 2021, Aldo Bearzatto et Hervé Bougon projettent sur grand écran des parpaings, des échangeurs et des grands ensembles, et la salle se remplit un peu plus à chaque édition. Pour la sixième, leur association l’Urbanographe ouvre le bal mardi 17 novembre à 20 h à L’Arlequin (6e) avec un film de 1928, Paris Express ou Souvenir de Paris. C’est le premier film de Pierre Prévert et de Marcel Duhamel, futur fondateur de la Série noire, accompagné en direct au piano et aux machines par Nicolas Cante.
Clôture mardi 24 novembre à 19 h 30 au Saint-Germain-des-Prés (6e), en entrée libre, avec Out of the Picture. An.Ash Smolar y part à la recherche des femmes architectes que l’histoire a soigneusement rangées au placard.
Entre les deux, on peut filer à Téhéran grâce au focus consacré à la capitale iranienne, ou s’attarder à la médiathèque Marguerite-Duras (20e) devant les salles de cinéma abandonnées photographiées par Simon Edelstein, jusqu’au 2 janvier. On peut aussi rester dans le Grand Paris, ce que nous avons fait sans hésiter une seconde.
Ciné-Balade, le cinéma se regarde aussi avec les pieds
Avis aux arpenteurs. Depuis 2011, Juliette Dubois emmène ses promeneurs dans les décors de films, tablette au bout du bras, et lance l’extrait pile à l’endroit du tournage. Après ça, on ne regarde plus un trottoir de la même façon. Trois balades gratuites pendant le festival, sur inscription et en petit groupe.
Samedi 21 novembre à 14 h 30, le Paris d’Agnès Varda. La cinéaste a habité Montparnasse plus de soixante ans et y a fait déambuler Cléo de 5 à 7. On lui emboîte le pas, rue après rue.
Dimanche 22 novembre à 10 h 30, Montreuil au cinéma. Bien avant Hollywood, c’est à Montreuil que Georges Méliès a installé le premier studio de cinéma au monde. Les studios ont disparu, la mémoire est restée. La balade convoque aussi Émile Reynaud, l’inventeur du dessin animé, puis les tournages bien plus récents de Holy Motors et des Émotifs anonymes.
Dimanche 22 novembre à 15 h, Bobigny. La préfecture de Seine-Saint-Denis est devenue une habituée des plateaux : Divines, Superstar, Une histoire d’amour et de désir et 66.5 y ont posé leurs caméras. Juliette Dubois y raconte aussi le procès de Bobigny, les grands ensembles vus par le cinéma, l’architecture d’Oscar Niemeyer et Albert Uderzo, qui a fait naître Astérix ici même. Par Toutatis.
Inscription sur cine-balade.com. Les places sont comptées.
Le périph sur le divan, au parc de la Villette
Cinquante ans qu’il nous encercle, et on hésite toujours entre le couvrir et le changer en boulevard urbain. Close-Up lui consacre deux soirées à la Folie n°5 du parc de la Villette (19e), chez l’agence d’architecture Mu, métro Porte de Pantin ou Porte de la Villette. Entrée libre.
Mercredi 18 novembre à 19 h, « Sans feu rouge ». Retour en 1973, quand boucler le tour de Paris pied au plancher, sans un feu et sans ceinture, passait pour le comble de la modernité. L’urbaniste Justinien Tribillon, auteur de La Zone, une histoire alternative de Paris (B42, 2025), raconte en images cet urbanisme d’ingénieurs pour qui la vieille ville se résumait à un flou derrière le pare-brise.
Jeudi 19 novembre à 19 h, « Le périphérique : regarder la frontière ». Autour du cinéaste Julien Donada, une tablée qui connaît son sujet. L’architecte-urbaniste Antoine Viger-Kohler, cofondateur de TVK, consacrait dès 2003 un livre entier à Paris, la ville du périphérique. L’écrivain Frédéric Ciriez et la journaliste Nora Hamadi, autrice de La Maison des rêves (Flammarion, 2025) sur les banlieues, complètent le plateau, avec sous réserve Fatah Aggoune, maire de Gentilly et conseiller délégué aux autoroutes du futur à la Métropole du Grand Paris. Rien que pour cet intitulé de délégation, on se déplace. La question du soir : l’anneau qui a pris la place des fortifs et de la Zone peut-il devenir un lieu qu’on partage ?
Le Grand Paris en trois films, de Montreuil à Bagnolet
Mardi 17 novembre à 20 h 30, Opération Tramway, au Méliès à Montreuil (métro Mairie de Montreuil). La Seine-Saint-Denis a eu sa propre télé, et elle s’appelait L’Antenne est à nous. Entre 1986 et 1994, ses reporters ont suivi le retour du tramway en Île-de-France, un demi-siècle après sa disparition. Leurs rushes dormaient aux Archives départementales. Mehdi Benallal, passé par La Fémis et ancien assistant de Jacques Rivette, en a tiré son premier long métrage, montré en avant-première en sa présence et celle de l’association Périphérie.
Jeudi 19 novembre à 20 h 15, La Traversée de Bagnolet et Suburbia, aller-retour, au Cin’Hoche à Bagnolet (métro Gallieni). Double programme dans ce cinéma créé par la ville en 1977, à cinq minutes à pied du terminus de la ligne 3. Benoît Delbove ouvre la soirée en remontant l’axe historique de Bagnolet, sa propre vie mêlée à celle de la ville (42 min). Damien Cattinari prend le relais avec un film sans un mot, en compétition au Cinéma du réel (55 min) : lisières boisées, zones d’activités, camionnettes et travailleurs qui convergent chaque matin vers Paris. On en ressort en regardant autrement le trajet du lendemain. Les deux films repassent en entrée libre à l’École nationale supérieure d’architecture de Versailles les 18 et 20 novembre.
Danser pour bien finir
Et pour digérer tout ce béton, la Cité de l’architecture et du patrimoine (16e) change son hall en dancefloor vendredi 20 novembre, de 20 h 30 à 2 h, en entrée libre. Danser un vendredi soir à la Cité de l’architecture, voilà une ligne qui manquait à nos CV.