Artdevivre

Yes we Kahn

N'avoir à faire que 100 mètres pour passer de la forêt vosgienneà Kyoto, ça ne se refuse pas. Ce miracle géologique s'expérimenteau jardin Albert Kahn.

Jardin Albert Kahn © CG92 Olivier Ravoire

 

Entre les jardins au cordeau de Kyoto et la forêt vosgienne, il n’y a qu’un pas. Disons une vingtaine tout au plus. Ce miracle géologique, visible à Boulogne-Billancourt (92), est l’oeuvre d’Albert Kahn (1860-1940), un banquier philanthrope et humaniste (précision à l’attention des sceptiques, ceci n’est pas un oxymore).

Son idée, née au début du siècle dernier, faire sortir de terre un jardin mappemonde. L’homme, dont les affaires s’étaient montrées florissantes, acquit pour cela quatre hectares de terrain, qu’il aménagea patiemment en différents espaces (forêt bleue, village japonais, jardin anglais, etc).

L’internationale des plantes 

Le résultat est à cisailler le souffle. Même le Truffaut du coin est incapable de rivaliser. C’est dire ! Lavande d’Afghanistan, magnolias étoilés, cerisiers du Japon, vigne de l’Oregon, lilas des Indes, fleurs des elfes, marronniers rouges, pavot du Pays-de-Galles, la liste des pensionnaires est longue.

 

Jardin Albert Kahn / DR 

Et lorsqu’ils s’y mettent tous, en particulier au printemps et à l’automne, il devient inutile d’aller au rayon peinture du Leroy-Merlin-à-côté-du-Truffaut consulter les nuanciers pour changer la teinte des murs du salon : toutes les couleurs sont là.

Bonus track

En plus du jardin, l’endroit abrite également un musée, témoin d’une autre passion d’Albert : le grand reportage. Les 100 heures de films et les presque 80.000 photographies qui composent sa collection font ainsi régulièrement l’objet d’expositions. Si avec ça vous continuez d’aller passer vos dimanches chez Leroy Merlin et Truffaut, c’est à n’y rien comprendre.