Culture

Vous n’irez pas à Avignon

Vitry-sur-Seine : Certains vont en Avignon, d'autres en Gare au théâtre. L'endroit, une ancienne gare SNCF, accueille le festival "Nous n'irons pas à Avignon" et ses 136 spectacles jusqu'au 27 juillet.

Cette deuxième semaine qui vient de s’écouler au festival Nous n’irons pas à Avignon à Vitry (94) confirme l’étrangeté de l’événement. Rien n’est jamais pareil ni vraiment dissemblable. Seul point commun visible, des pieds nus et des images projetées sur des écrans.

On a donc eu affaire à des spectacles très visuels aux propos plutôt marqués : la question récurrente de l’identité, l’invention de la belle-mère, le sacrifice d’une enfant pour déclencher une guerre (sic !), une jungle urbaine dans une friche industrielle où le plus fort finit toujours par gagner. Du lourd, du pesant, du pénible parfois. Puis aussi des bulles d’apaisement avec quatre sirènes qui dansent, une poétesse aux larges yeux, et un chien qui tente de s’émanciper. Mais toujours ce sentiment induit que quoi que l’on fasse, la volonté ne peut pas grand-chose contre l’adversité.

Attention au mal de mer

Une belle surprise, la Gymnastique du scaphandre, un hybride musical dissimulé derrière des tentures qui servent d’écran à des images sous-marines. Ca rappelle les voyages au long cours et on sort du spectacle lessivé et un poil heureux. Pour les plus sensibles, des sacs à vomi sont disponibles sur les sièges. Un clin d’oeil sympathique à un improbable mal de mer.

Le format court (moins d’une heure par spectacle) autorise le foutraque, l’éclectisme, la richesse des formes et des propos. Ce festival est vraiment unique dans sa forme et le lieu qui l’accueille. On est bien à Gare au Théâtre. Même si par-ci, par-là, des affiches rappellent la situation préoccupante des intermittents du spectacle. Ce sont des compagnies en lutte qui sont sur scène cette année. Elles sont là, jouent mais restent préoccupées par le sort fait aux plus précaires d’entre eux.  Faut-il jouer quand d’autres luttent pour leurs acquis ? Un message est passé auprès du public par les compagnies qui le souhaitent. Mais est-ce suffisant ?

En tous les cas, le contre-festival se poursuit, dans sa générosité et dans son étrangeté. Enlarge your Paris vous pousse vraiment à venir vivre l’aventure. Au moins, une fois. On vous rappelle qu’à partir de 15h, un spectacle se joue toutes les heures, jusqu’à 22h. Un vrai cabinet de curiosité, on vous dit.

Cette semaine est dédiée au théâtre gestuel, d’objet, physique, au cirque. Un possible étonnement, une surprise certaine vous attendent en ce lieu, c’est sûr.

Nos coups de coeur du 16 au 20 juillet vont à :

Ana (19 et 20 juillet à 17h / Tarif : 13 euros) : un spectacle autour du corps emprisonné dans l’anoxerie, un récit à deux voix : celle de la jeune fille atteinte et celle de sa maladie. Curiieux. Dérangeant.

Bob et Beth (16 au 20 juillet à 19h / Tarif : 13 euros) : une histoire d’amour qui se disloque, construite de formes et d’ombres, de lumières et de jolis pas de danse.

In-Between, état provisoire (16 au 20 juillet à 22h / Tarif : 13 euros) :  spectacle musical fait de cirque, d’images et de théâtre. Un show multiforme où le burlesque et l’absurde défie notre rationnalité. A tenter.

La fabuleuse histoire de la jeune fille qui cherchait la mer (16 au 20 juillet à 15h / Tarif : 10 euros) : une sorcière avide de jeunesse séduit un meunier et lui promet la richesse contre son pommier. Une fois le contrat signé, le meunier se rend compte que c’est sa fille qu’il vient d’échanger. Ce conte pour enfants aborde avec humour les thèmes de l’amitié, du handicap et de la quête de soi.