Culture

Vous n’irez pas à Avignon

Vitry-sur-Seine : Certains vont en Avignon, d'autres en Gare au théâtre. L'endroit, une ancienne gare SNCF, accueille le festival "Nous n'irons pas à Avignon" et ses 136 spectacles jusqu'au 27 juillet.

Il n’y a pas qu’Avignon dans la vie. Il y a aussi « Nous n’irons pas à Avignon« , le contre-festival de Vitry-sur-Seine (94) qui a ouvert ses portes le 2 juillet entre les murs de Gare au Théâtre. Là-bas, le long du RER C, les transats, récupérés du récent Festival de l’Oh, sont occupés par des spectateurs alanguis. Rarement le terme de “bénévole” aura mieux fait honneur à son étymologie : “bonne volonté”. Elle est présente aussi bien au coin librairie dans le hall, émanation de la librairie d”Ivry “Envie de lire”, qu’au bar où le sourire est compris dans le service.
 
Pour s’immerger en douceur, vous prendrez bien une lampée de Kamératons ? Ces vidéos de 15 secondes ont été tournées par les compagnies invitées. Et pour parfaire votre connaissance des troupes, un grand tableau met à disposition les prospectus qui présentent chaque spectacle. Parce que des pièces, des spectacles, il y en a beaucoup (136 en tout) tous les jours (saufs les lundis et mardis, jours de relâche). Et tout ça, jusqu’au 27 juillet. Si on vous avait dit que vous préféreriez le RER au TGV Méditerrannée…
 
Nos coups de cœur de la semaine

Mais je ne suis pas noire (9 au 13 juillet à 19h / Tarif : 13 euros) : Sur scène, une femme noire. Elle se scrute attentivement et explose : « Mais je ne suis pas noire ! ». Par cette affirmation, le ton de la performance est donné : interroger nos perceptions, nos schémas de pensée. Que voyons-nous en premier chez l’autre ? Que voyons-nous en premier chez certains autres ? Pourquoi voyons-nous en premier la couleur de peau quand il s’agit d’individus non-blancs ?

Gauche Uppercut (9 au 13 juillet à 21h / Tarif : 13 euros) C’est l’histoire d’une jeune fille paumée en mal d’amour qui poignarde un jeune Algérien de passage parce qu’il n’avait pas de feu sur lui. Cette histoire prend place dans un décor de friche industrielle dans laquelle se sont réunis six exclus. Cette petite société est gérée par Moon dont elle seule connait les règles et les fait appliquer. Au-dessus d’eux, il y a Menott qui fait régner une loi arbitraire. Chacun n’aspire qu’à une chose : tenir, un jour de plus, sans craquer.

L’animal céleste (12 et 13 juillet à 17h / Tarif : 13 euros) : La poésie de Véra Pavlova, née en 1963, est dédiée au portrait sociologique et culturel de la vie de ses contemporaines : des premières manifestations de l’identité du genre (dès la maternelle), à la désintégration de la famille, jusqu’à un nouvel amour mature.
 
On y danse (13 juillet à 23h / entrée libre) : Pour ceux qui ne veulent se rendre ni à Avignon ni au bal des pompiers, cette soirée animée par un quartet en tutu cravaté promet d’être une fête décalée.