Culture

Sommet artistique à Montrouge

Acquérir de la reconnaissance quand on est un jeune et fringant artiste n’est pas toujours chose aisée, certes. Excepté lorsqu’on est sélectionné par le désormais très prisé Salon de Montrouge qui fête cette année ses 60 printemps.

Lundi 4 mai, veille de l’ouverture au public. Du monde au portillon. La foule d’initiés s’amasse peu à peu dans l’entrée du beffroi de Montrouge, rénové il y a peu. Que les derniers snobs qui s’évertuent à ne jamais passer le périph se le disent : le Salon de Montrouge est bien devenu un véritable tremplin pour la création émergente. Preuve en est : madame la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, a fait le déplacement, tout comme Patrick Devedjian, le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine. Et signe que l’art contemporain se joue des frontières, c’est le cinéaste Olivier Assayas qui, cette année, a été choisi comme président du jury.

 

Clément Balcon
Clément Balcon

 

Du monde donc, mais aussi des artistes et des œuvres très diverses, souvent hypnotiques ou – il faut bien l’avouer – parfois très opaques pour le commun des mortels comme cette bétonnière qui paraît tourner sans but (dont le créateur, Willem Boel a d’ailleurs gagné le Grand Prix cette année aux côtés de la jeune Marion Bataillard) ou cet alignement de signatures d’artistes récoltées par Pierre Butin (au nom prédestiné), « clin d’œil aux 500 signatures nécessaires pour se présenter aux élections présidentielles », explique très sérieusement Augustin Besnier, le commissaire adjoint de l’événement.

De Montrouge à Tokyo

Après avoir reçu quelques 3000 candidatures, un collège critique a bien bossé et sélectionné 60 artistes « sans CV » (entendre par là des artistes en début de parcours) dont quelques autodidactes, qui sont souvent à l’image des tendances qu’ils ont pu identifier. La force du Salon ? « Exposer des artistes plus que des œuvres sans liens les unes à côtés des autres », ajoute le très passionné Augustin Besnier.

Comme chaque année, les trois prix décernés par le jury du Salon de Montrouge vont permettre entre autres à ses lauréats d’avoir leurs propres expos persos au très chic Palais de Tokyo à l’automne. Rien que ça. On parie que dans 60 ans ce sont les artistes du Palais de Tokyo qui voudront être exposés à Montrouge.

 

Beffroi de Montrouge
Beffroi de Montrouge