Culture

Quand un Goncourt réclame de passer à Gagny

Gagny: Si les séances dedédicaces dans les Fnac parisiennes ont eu raison de vous, faites donc un détour par la librairie Folies d'encre à Gagny où vous croiserez peut-être un Goncourt de passage.

C’est une librairie lumineuse et sans chichi au centre-ville de Gagny (93). Les livres sont alignés simplement sur des tables. Des albums pour enfants dressés au fond de la pièce décorent les murs. Des panonceaux rouges accrochés à des tringles signalent les polars, la littérature française… Et dans cet univers chaleureux, voilà Céline Lavallée, la fondatrice, 43 ans, et Léa, l’autre libraire, la complice, qui vous accueillent et s’enquièrent de savoir si vous avez besoin d’aide.

Les Folies d’encre de Gagny – une librairie indépendante appartenant au réseau Folies d’encre fondé dans les années 1980 à Montreuil – ont ouvert leurs portes il y a six ans. Céline Lavallée, anthropologue, avait décidé de changer de vie. « Car il est difficile d’élever des enfants en Afghanistan où j’avais passé plusieurs mois et où je savais que je ne pourrai vivre en famille », explique-t-elle.

« Une « vraie » librairie, comme à Paris »

La jeune femme met trois ans à monter son projet : elle suit une formation puis recherche activement un local, près de chez elle, dans le 93, en ciblant les villes sans librairie, avec un certain pouvoir d’achat. Une boutique de charcutier est disponible à Gagny. Elle la transforme, tout en répondant à la curiosité des passants : « ils étaient surpris que ce soit une « vraie » librairie, comme à Paris », s’amuse-t-elle.

L’histoire du Goncourt qui voulait passer à Gagny

Avec Léa, elle invite des auteurs, comme Véronique Ovaldé ou Maylis de Kerangal tout récemment, mais pas pour « des dédicaces sèches », pour des rencontres. Jérôme Ferrari est venu en 2010 à Gagny présenter Où j’ai laissé mon âme.

Deux ans plus tard, le Corse reçoit le Goncourt et demande à son éditeur de passer à Gagny. Une consécration pour les Folies d’encre, dont l’équilibre financier est toujours un peu précaire : « nous effectuons les trois quarts de notre chiffre d’affaires en septembre et à Noël. Notre métier est passionnant. Mais épuisant. » Dans dix ans, Céline Lavallée se voit revenir à l’anthropologie, et aux voyages autres que livresques.