Loisirs

Quand le 93 voit rouge

De Noisy-le-Sec à La Courneuve, Enlarge your Paris vous emmène à bord du T1 pour une promenade architecturale sur les traces du communisme.

Tramway T1 / Crédit : Stif

Vous voulez vous offrir du frisson sur les rails? On a trouvé mieux -et moins cher- qu’un tour dans le train fantôme de la Foire du Trône. Embarquement à bord du T1 pour un itinéraire -non exhaustif!- spécial banlieue rouge. Boulevard Lénine, bâtiments façon « PC Style », c’est parti à travers le 9-3 !

Départ : gare de Noisy-le-Sec

Juste avant de monter, remarquez les immeubles, dos à l’arrêt de tram, qui surplombent la BNP et donnent sur un parc. Ils ont été conçus par les architectes Nelson, Sébillotte et Gilbert entre 1950 et 1953. Tous trois ont été des conseillers de Jacques Billoux, homme politique communiste, nommé en 1946 ministre de la reconstruction urbaine.

Hôtel de Ville de Bobigny

Pour info, vous êtes déjà passé à proximité d’une rue Salvador Allende et d’une avenue Paul Vaillant-Couturier ainsi que d’une avenue Youri Gagarine. Et vous quittez le boulevard Maurice Thorez pour déboucher sur l’avenue Lénine. Rassurez-vous, il y a une rue Karl Marx à proximité… C’est le moment de descendre pour jeter un coup d’oeil à l’Hôtel de Ville à l’archi so seventies signée Marius Depont ainsi qu’à la MC 93 imaginée par Valentin Fabre et Jean Perrottet, symbole de ces municipalités « rouges » pour qui la culture ne fut jamais un parent pauvre mais bien un pilier de la politique locale.

Libération

La méga classe ! La Bourse du travail est signée Oscar Niemeyer, le papa de Brasilia et « the » architecte PC friendly par excellence. A voir : l’auditorium en forme de coquille renversée, qui évoque un albatros. Il contraste avec la sobriété de l’immeuble de bureaux qui lui fait face, monté sur pilotis.

Hôtel de ville de La Courneuve

Un arrêt pour jeter un coup d’oeil à la ZAC Convention dessinée par Jean et Maria Deroche, emblématique de la rénovation urbaine d’une ville communiste par des architectes
de la même obédience.

Les Cosmonautes

Une station avec spéciale kassdédi à André Lurçat, architecte qui travailla à ses débuts avec Robert Mallet-Stevens et s’envola pour l’URSS entre 1934 et 1937. La Cité des Cosmonautes doit son nom aux rues qui la jalonnent baptisées Gagarine, Leonov ou Shepard. Partisan d’une architecture épurée aux lignes simples, Lurçat met au cœur de ses constructions la notion d’égalité. C’est également le cas avec le groupe scolaire Joliot-Curie dont les bâtiments s’étendent symétriquement de part et d’autre de l’entrée. 

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