Société

Pour une signalétique métropolitaine dans Paris intra-muros

Projet de signalétique métropolitaine / © Enlarge your Paris & Les Magasins généraux - Design : Benoît Robert
Projet de signalétique métropolitaine / © Enlarge your Paris & Les Magasins généraux – Design : Benoît Robert

Parce que les territoires outre-périphérique restent méconnus, nous avons imaginé avec les Magasins généraux à Pantin une signalétique métropolitaine qui mette en valeur les points d'intérêt en banlieue. Un projet lauréat de "Faire Paris 2018" dont les résultats ont été dévoilés ce 26 juin.

Dix kilomètres séparent le jardin du Luxembourg, 22ha, du parc de Sceaux, 180 ha. Six kilomètres séparent République des rives du canal de l’Ourcq à Pantin où est en train d’émerger un pôle culturel majeur du Grand Paris, les Magasins généraux. 12km séparent enfin le centre de Paris du parc de Saint-Cloud qui, avec 460 ha, est plus grand que Central Park de 120 ha. Ces destinations, pourtant facilement reliables à vélo ou en transports en commun, ne figurent pas encore dans l’imaginaire des Grand-Parisiens. Et pour cause. Ces points de repères métropolitains pâtissent d’un manque d’information dans le coeur névralgique de la métropole, les arrondissements centraux de Paris intra-muros. Aujourd’hui, pour trouver de la signalétique qui permette de se projeter en banlieue, il faut attendre d’avoir atteint les portes de Paris.

C’est pourquoi, afin de promouvoir le périmètre du Grand Paris, nous avons conçu avec les Magasins généraux  une signalétique métropolitaine qui trouverait sa place dans tous les quartiers parisiens. Un projet qui figure parmi les douze lauréats dévoilés ce 26 juin par Faire Paris, un accélérateur de projets architecturaux et urbains innovants. L’enjeu nous semble d’importance d’un point de vue notamment de la répartition des flux touristiques à l’heure où des villes comme Amsterdam ou Venise sont contraintes de mettre en place des systèmes de régulation drastiques pour éviter une saturation de leur centre-ville. La cité des Doges par exemple a dû se résoudre à installer des portiques à des endroits stratégiques du centre historique et qui se ferment lorsque l’affluence est trop forte. En cela, le projet de signalétique métropolitaine joue le rôle de contre-portique. Il ne sert pas à barrer l’accès mais à montrer l’accessibilité des points d’intérêt autour de Paris. Une manière de faire passer le message que Paris s’enrichit de sa périphérie dans la perspective des Jeux olympiques de 2024 qui verront de nombreuses épreuves se dérouler en Seine-Saint-Denis. C’est par conséquent le moment ou jamais de mettre en scène et de raconter le Grand Paris. 

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Panneaux de signalisation métropolitains / © Enlarge your Paris & Les Magasins généraux - Design : Benoît Robert
Panneaux de signalisation métropolitains / © Enlarge your Paris & Les Magasins généraux – Design : Benoît Robert

Une signalétique éditorialisée

Cette nouvelle signalétique métropolitaine nécessite de penser un design différent de la signalétique parisienne pour comprendre l’échelle dans laquelle on se situe. Nous avons donc imaginé des prototypes de panneaux qui indiquent la destination et le kilométrage mais également le temps de trajet en transports en commun ainsi que la gare d’arrivée. Ce sont des informations qu’il nous est apparu important de préciser car ces panneaux sont destinés en priorité aux piétons et aux cyclistes, sans oublier les adeptes de la trottinette et de la gyroroue. Conscients que l’imaginaire de la banlieue reste pour le moment moins prescripteur que celui de Paris, nous avons en outre pris des libertés avec la signalétique habituelle. 

Indiquer que le parc de Saint-Cloud est distant de 12 km de l’île de la Cité ne suffit pas. Comme nous avons pu le faire avec la carte du Guide des Grands Parisiens, qui repose sur 8 quartiers thématiques (L’Océan Vert, la Street Galerie, la Fabrique, etc.), nous avons ici voulu raconter chacune des destinations en leur donnant pour certaines un autre nom et en ajoutant une information censée déclencher l’envie d’effectuer la visite. Savoir que le parc de Saint-Cloud, rebaptisé Excentral Park, est 100 ha plus grand que Central Park est un argument qui doit favoriser le passage à l’acte. Il s’agirait de la première signalétique éditorialisée et d’une incursion de la banlieue dans le récit parisien. Il nous reste à présent à continuer de plancher sur le sujet avec les équipes du Pavillon de l’Arsenal à Paris (4e) afin de peaufiner le concept que l’on espère voir fleurir rapidement ailleurs que sur des images photoshopées. A suivre…

 

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