Société

On a testé l’Autolibertinage

Chez Enlarge your Paris, on ne fait marche arrière devant rien. Pas même lorsqu’il s’agit d’Autolib’, le service de voitures électriques en libre-service. Dubitatifs, nous avons voulu tester l’engin pour nous faire une opinion. Prenez place et attachez vos ceintures.

Tout commence par un passage dans l’un de ces igloos en verre, qui servent aussi bien d’espaces d’affichage pour événements en tous genres que d’abris pour les SDF. Là, vous pouvez entrer en contact avec Houston en visioconférence, ou plutôt Vaucresson (92). Objectif : procéder à votre inscription et scanner votre carte d’identité ainsi que votre permis, le tout en une vingtaine de minutes.

Pas de tests physiques ni de questions de culture générale en revanche. Une fois ces formalités achevées, vous voici à la tête d’une flotte de 2.900 véhicules répartis dans 70 communes d’Île-de-France, essentiellement en petite couronne. Reste plus qu’à s’asseoir au volant. Le premier contact avec l’engin va s’effectuer pour nous un soir de décembre. Nous rentrons d’une banlieue éloignée du 77 en RER pour nous rendre ensuite dans le 92. Un stop est prévu à Nation où nous attend une bluecar réservée depuis le train 30 minutes plus tôt via l’appli mobile. 

Un jeu d’enfant

Une fois sur place, se pose alors la question cruciale : comment prendre possession du véhicule sans casser une vitre ? Heureusement, une petite fille de sept ans, qui se trouvait être dans la bande, va nous venir en aide. Elle commence par nous mener jusqu’à la borne. Puis nous montre la marche à suivre. Première des choses, il convient d’agiter le code barre de sa carte d’abonnement devant l’oeil de Moscou, puis taper son code confidentiel.

Une épreuve simple mais qui dépend de la taille de son doigt. Après un acharnement de près d’une minute sur la touche zéro de l’écran tactile, nous plaçons une fois encore notre destin entre les mains, ou plutôt au bout des doigts, de notre fée clochette. De sa phalange gracile, elle n’a aucun mal à entrer les 6 chiffres de notre code désormais plus confidentiel du tout.

Après, il suffit de savoir lire. On vous indique le numéro de votre carrosse et on vous demande de répondre à quelques questions en toute franchise : avez-vous votre permis sur vous et êtes-vous sous l’emprise de l’alcool ? Par contre, aucune question sur les criminels de guerre, à qui pourtant on demande de se déclarer dans les avions volant vers les Etats-Unis, mais qui ici apprécieront de ne pas être violés dans leur intimité. 

Le monde du silence

Arrive enfin le moment de monter à bord, en s’étant demandé au préalable ce que l’on allait faire du cordon de recharge. Comme la vérité sort de la bouche des enfants et que nous avons la chance d’en avoir un avec nous, il nous apprendra qu’il s’agit simplement de soulever le capot de la borne de recharge. Après avoir dévérouillé les portes d’une simple apposition de notre badge à côté du rétro, nous prenons place dans un habitacle relativement propre. Avant même de partir, nous réservons, toujours grâce à l’appli, une place dans la station vers laquelle nous mettons le cap. Nous avons 1h30 pour nous y rendre. Autant le dire, on est large. 

Autolib'

Après avoir mis le contact, nous nous attendons à entendre vrombir le moteur. Que nenni ! Notre monture fonctionne à l’électricité, comme la DeLorean à Marty pour voyager dans le temps. Mais lui faut-il 1,21 gigawatt, la question demeure à ce jour… Ce monde du silence n’est troublé que par la radio, qui s’enclenche sur Nova. Est-ce le fruit d’un profilage du client ? Le mystère, là-aussi, reste entier. 

Quant à la conduite, elle se révèle enfantine, ce qui ne vous étonnera pas au vu des étapes précédentes. La boîte automatique fait que l’on peut tranquillement taper des textos avec le pied gauche, une pratique nécessitant toutefois un peu d’agilité. Seul conseil : inutile d’appuyer trop fort sur la pédale de frein, elle n’aime pas être violentée et vous met très vite au parfum.  

Preuve que cette première expérience a été concluante, elle a depuis été renouvelée. C’est agréable quand le courant passe bien…