Culture

In Situ Art Festival : derniers week-ends avant destruction

Dans un mois, les bulldozers effaceront l’un desévénements street art de l’été. Rencontre in extremis avec Olivier Landes, organisateur de l'In Situ Art Festival au fort d'Aubervilliers, qui rouvre ses portespendant les week-ends de septembre.

Quel bilan faites-vous de l’opération ?

Olivier LANDES : Le fort d’Aubervilliers était une belle endormie. Nous l’avons réveillée, révélée aux habitants du quartier et aux amateurs de street art de Paris et d’ailleurs. 30.000 curieux seront venus voir les œuvres de la cinquantaine d’artistes qui ont travaillé ici. Et nous avons touché tous les publics : depuis le branché qui écoute Nova ou regarde Canal + jusqu’aux enfants des écoles du coin.

 

Y’a-t-il des œuvres qui vous ont particulièrement touché ?

Question impossible mais… Le portrait géant de Jorge est une œuvre très forte sur le plan symbolique : une habitante d’Aubervilliers peinte sur le sol de l’ancien parking de la casse ! Cette œuvre a provoqué des réactions des régies et des associations de quartiers d’autres communes du 93. Bref, sans parler de la qualité artistique de cette œuvre, on peut dire qu’elle a atteint son but !

Autre œuvre symbolique, le collage de Willy Vainqueur, qui raconte la mémoire du lieu, avec cette photo qui date du festival « fêtes et forts » organisé dans le cadre du plan Banlieues 89, sous Mitterrand…

 

In situ art festival d'Aubervilliers

Qu’en disent les artistes ?

Les street artists opèrent dans l’éphémère, leurs œuvres sont disséminées partout et ils travaillent sur des supports qui ne leur appartiennent généralement pas. Du coup, la plupart du temps ils ont une histoire courte avec leurs œuvres. Pourtant, beaucoup de ceux qui sont intervenus ici sont revenus pour voir le travail des autres, leur œuvre collective, et pour partager les réactions du public.

Que vont devenir les oeuvres après la fermeture de l’expo, à la fin du mois ?

Après quatre mois d’exposition en plein air, les œuvres sont déjà très abimées par le soleil, la pluie ; Elles ne sont pas conçues pour durer ! Et le fort doit devenir un éco-quartier, c’était la règle du jeu. Dès octobre, les bâtiments sans intérêt historique seront détruits et le terrain dépollué. Puis ce sera le début d’une nouvelle vie pour le fort. Le street art est un art éphémère.

In situ art festival d'Aubervilliers
© Lionel Belluteau