Culture

Festival Kalypso : une odyssée du hip-hop

Pour vous, le hip-hop, c'est Sydney et son fameux H.I.P.H.O.P. Bon, il est temps de se remettre au goût du jour, avec l'aide du festival Kalypso, du 12 au 30 novembre dans toute l'Île-de-France...

Pour la danse classique, on va à l’opéra. Pour la danse contemporaine on va au théâtre. Et pour la danse hip-hop, on va où ? Au 104, avec un peu de chance vous pourrez voir des mecs et des nanas qui s’entrainent, casque sur la tête. C’est sympa mais il y a mieux. Du 12 au 30 novembre le Festival Kalypso investit la région : de Créteil à Aubervilliers, de Sceaux au Blanc-Mesnil et de Paris à Maison Alfort, ce sont 34 spectacles et 52 représentations dans huit salles différentes.

A l’initiative du festival, un homme : Mourad Merzouki, danseur-chorégraphe et depuis 2009, directeur du Centre Chorégraphique National de Créteil et Val de Marne (CCN). S’il a eu l’idée de monter Kalypso c’est qu’il y avait un véritable besoin : « Depuis mon arrivée à Créteil, une des mission du CCN est d’accueillir les compagnies en résidence. On reçoit une centaine de dossier par trimestre avec toujours la même problématique : il n’y a pas de lieu de diffusion. L’idée du festival est donc de permettre aux artistes de hip-hop de montrer leur travail ». Et pourquoi s’enfermer uniquement dans une salle quand la région parisienne en offre des centaines ? Pas de limites ni de frontières pour faire découvrir ce courant artistique au plus grand nombre.

Le hip-hop n’est plus « juste » une danse de jeunes

Car le hip-hop c’est n’est pas seulement du break-dance. Le style évolue depuis 30 ans pour s’émanciper de ses codes. De la rue et de la démonstration entre potes, le hip-hop intègre désormais son environnement et cherche sur des terres inconnues son inspiration. Lindy-hop, tango, danse contemporaine, musique électronique, ce genre n’a plus de barrière. « Le hip-hop ne reste pas enfermé dans une technique car il y a un vrai désir de s’exprimer, de raconter une histoire personnelle, une histoire de la société. Et en cela, le style a su grandir, prendre de la maturité pour proposer une danse qui surprend le spectateur. Ce n’est plus une danse juste pour les jeunes, c’est un courant artistique » analyse Mourad Merzouki.

Preuve en est, son nouveau spectacle, Pixel, qui marie arts numériques et danse. Le projet est né d’une rencontre, comme dans un conte de fée. Celle de Mourad Merzouki avec Adrien M et Claire B: « J’ai été séduit par leur rapport à la vidéo qui n’est pas simplement illustratif mais interactif. Ils m’ont donc proposé des scénettes avec un tapis de ligne ou un nuage de point par exemple. Puis j’ai imaginé un dialogue entre l’image et les danseurs ». 

Le résultat époustoufle: un danseur efface un mur de pixel à mesure qu’il avance en ondulant. Un sol fait des vagues tandis qu’un type qui réalise une pirouette à roller. Dans Pixel, le danseur apprivoise le décor pour entrer en symbiose avec lui, donnant l’illusion au spectateur d’une interaction entre la vidéo et son corps.  La Cie Par Terre met en scène avec Bal.Exe un bal mécanique. Dans Empreintes (Cie Turn Off the Light), une calligraphie lumineuse enrobe les danseurs tandis que la Cie Undercover ouvre les portes de son univers déjanté. Préparez-vous à vivre un automne rempli d’instants chavirés…