Culture

Expo : Du graffiti au street art

Créteil : Nicolas Laugero-Lasserre est un homme d’influence et de goût. Directeur de l’espace Pierre Cardin et président d’Artistik Rezo, un club qui organise chaque année des centaines de sorties culturelles à Paris, il est aussi collectionneur d’œuvres contemporaines - graffiti et street art - dont il présente une sélection au MAC de Créteil.

Parmi sa vaste collection de fresques, collages, toiles, photos, on trouve aussi bien des classiques (Blek le rat, Ernest Pignon Ernest, Zeus, Jef Aerosol et JR) que des artistes en train de percer (Gris 1 et Monkey bird, madame moustache). Le temps d’une expo d’une cinquantaine de pièces au Mac de Créteil, Nicolas Laugero-Lasserre présente un panorama subjectif mais convaincant de la création contemporaine, depuis l’invention du graffiti jusqu’à l’explosion actuelle du street art.

Quelle est votre première pièce ?

Nicolas Laugero-Lasserre : C’est une œuvre de l’artiste BEN : « l’amour c’est tout ».

Que cherchez-vous en collectionnant des œuvres de street art ?

La collection est une vraie addiction, on ne peut plus s’arrêter…J’ai envie d’avoir un véritable panorama de ce qu’est ce mouvement et de le partager.

Le street art dans les musées (et donc hors de la rue) : contradiction, évidence, nécessité ?

Nous montrons dans cette exposition que nous avons de véritables artistes, capables de faire d’énormes fresques dans les rues du monde entier et aussi de décliner leurs univers sur toiles dans un travail d’atelier.

Vous semblez faire partie des collectionneurs qui aiment montrer leur trésor. A qui vous adressez vous quand vous partagez votre passion ?

Je pense que ce mouvement, le graffiti et le street art, est le plus grand du début du XXIème siècle. Il est particulièrement générationnel. J’aime le partager avec le plus grand nombre et notamment les enfants. C’est un formidable moyen de démocratiser l’art, de le rendre accessible, à la portée de tous.

Comment avez-vous imaginé cette exposition, et selon quels critères avez-vous choisi les pièces ? 

J’ai voulu montrer que nous avions affaire des artistes à part entière. J’ai donc fait appel à une formidable photographe, Roswitha Guillemin, pour montrer à l’intérieur les fresques d’extérieur…  Puis des artistes sont venus in situ, comme Gris 1 et les Monkey bird, et ont exprimé leur ingéniosité et leur talent à investir les lieux. Enfin, l’expo est aussi l’occasion de découvrir l’univers plus secret du graffiti avec le film documentaire de cécile Gamard, projeté pendant toute la durée de l’événement.