Artdevivre

Ce week-end, la banlieue a plus d’une corde vocale à son arc

Echauffez-vous les tympans car ce week-end vous n'allez pas en croire vos oreilles dans Paris extra-muros. Avec Que faire à Paris, on vous a trouvé entre autres une grosse fiesta électro au bord de l'eau, des surprises sonores dans un verger et un cabaret électrique sous chapiteau.

Idée#1: La grâce en baskets (La Courneuve, 93)

Ils sont Français et sont des pointures internationales du hip-hop. Ils donnent corps aux tubes des stars de la pop comme Madonna ou Robbie Williams. Samedi, Marion Motin puis les Enfants prodiges vont brûler les planches de la scène d’Houdrement, à La Courneuve. Avec son «Swaggers Crew», la première promet une version du hip-hop 100% féminine et fluide ; les seconds, rois des battles, un show plus athlétique. Attention, danseurs XXL !

Infos pratiques : «Prodigieux hip-hop», le samedi 14 mai, à 19h, à la scène d’Houdrement de La Courneuve (93). Tarif:  12€. Plus d’infos sur quefaire.paris.fr. Accès : RER B gare de La Courneuve – Aubervilliers puis 10 mn à pied.

 

Idée #2 : La bande-son de vos émotions (Romainville, 93)

«On n’est pas sérieux, quand on a 17 ans», estimait Rimbaud à la fin du XIXe siècle. Et aujourd’hui, qu’est-ce qu’être jeune ? A l’occasion de la «Biennale urbaine de spectacles», samedi, à Romainville, la compagnie Adhok y répond en deux temps avec «Immortels» : une partie fixe intitulée «Le nid» et une partie déambulatoire, «L’envol». Ce théâtre dansé est porté par une bande-son qui traduit le raz-de-marée des émotions (Yann Tiersen, extraits radiophoniques…). Pour ceux qui préfèreraient réfléchir au sens de la vie sous la forme plus traditionnelle du débat, il y a aussi l’option café philo avec un thème digne du bac : «La réalité est-elle toujours fantasmée ?». Car il faut que vous sachiez : Romainville fait partie du club des « villes philosophes ». Nous y étions allés et vous en avions rapporté un reportage que voici : www.enlargeyourparis.fr/nietzsche-ta-mere-a-romainville.

Infos pratiques: «Biennale urbaine de spectacles», spectacle «Immortels» samedi 14 mai à 17h (départ de la médiathèque Romain Rolland, rue Albert Giry – Cité Marcel Cachin) et 21h30 (départ de la place André Léonet) à Romainville (93). Gratuit. La Biennale urbaine de spectacles, c’est aussi à Pantin et au Pré Saint-Gervais jusqu’à dimanche 15 mai. Plus d’infos sur www.2r2c.coop. Café philo «La réalité est-elle toujours fantasmée ?» à 15h à la Maison de la philo, 2e étage de la médiathèque Romain-Rolland, rue Albert Giry à Romainville (93). Gratuit. Plus d’infos sur www.ville-romainville.fr. Accès : métro ligne 11 Mairie des Lilas puis une vingtaine de minutes de marche (quasi toujours tout droit à la sortie du métro en remontant le boulevard de la liberté et l’avenue de Verdun) ou bus 129 Mairie de Romainville. Et pendant que vous y êtes, allez admirer le panorama dans le parc de Romainville, dont l’entrée se trouve face au cimetière rue Paul-de-Kock.

 

Idée #3 : Sous l’emprise des sorciers du dance-floor (Torcy, 77)

Se baigner dans un lac tout habillé, porter des plumes d’Indiens, faire du hula-hoop en pleine nuit… Sur la «Marvellous Island» de Torcy, tout est possible. Surtout si on se laisse hypnotisé par les sets électro enchaînés de midi à 5h du matin par des sorciers du dance-floor : Ellen Allien, Paco Osuna… Prévoyez une cure de sommeil avant d’y aller, car c’est le genre de festivals dont on n’arrive jamais à s’arracher.

Infos pratiques: «Marvellous Island Festival», le samedi 14 et dimanche 15 mai, de 12h à 5h, à la plage de Torcy (77). Tarifs : entre 38 et 46€. Réservation et plus d’infos sur www.marvellous-island.fr. Accès : RER A gare de Torcy

 

 

Idée #4 : Un c(h)oeur indomptable (sur le toit du périph entre Les Lilas et le 19e, 75)

Ce sont des passeurs, des artistes qui ne se laissent enfermer dans aucune case. A la jonction de Paris et des Lilas, le Cabaret électrique profite du festival «La voix est libre» pour faire se rencontrer la poésie soufi de l’Egyptien Abdullah Miniawy et les envolées de saxo du trio SighFire ou les beats électroniques du Magnetic Ensemble et le timbre cristallin de Nosfell. Si on ajoute à la présence des musiciens celle du circassien Camille Boitel, on comprend qu’on risque d’avoir le béguin pour ce c(h)oeur indomptable.

Infos pratiques: Festival «La voix est libre», le samedi 14 mai à 20h30, et le dimanche 15 mai à 17h, place du maquis Vercors à Paris (75). Tarif : 15€. Plus d’infos sur cirque-electrique.fr. Accès : Métro ligne 11 Porte des Lilas. Le cirque se trouve à 200 mètres de la sortie du métro

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Idée #5 : Surprises sonores (Montreuil, 93)

Ça va déménager à Montreuil ce week-end ! Le «Festival des Murs à Pêches», qui prend place dans un ancien verger, proposera sur 5 hectares moult installations et performances parmi lesquelles une flânerie sonore ultraétonnante, de l’électro générée par des circuits imprimés, du rap portatif ainsi que des chants polyphoniques. Vos oreilles en verront de toutes les couleurs. Samedi, à 17h, vous pourrez même donner de la voix puisqu’un atelier de Sound Painting est prévu. Le principe : un peintre trace son oeuvre en public et, à chacun de ses gestes, les spectateurs transformés en choeur émettent un son déterminé (un «la» sur un bras levé, un «sol» sur un coude replié…). Une symphonie plastique.

Infos pratiques: «Festival des Murs à pêches», le samedi 14 mai, de 13h à 2h, et le dimanche 15 mai, de 11h à minuit, entrée rue Pierre de Montreuil ou impasse Gobétue, à Montreuil (93). Participation libre. Plus d’infos sur federationmursapeches.org. Accès : Métro ligne 9 Mairie de Montreuil puis une quinzaine de minutes de marche sur 1 km. C’est que ça se mérite un lieu pareil !

 

Idée #6 : Au premier temps de la valse (94)

Reste dans toute les têtes l’ode de Brel à cette danse multiple, sensuelle, en un mot étourdissante. Car elle se fait tour à tour viennoise, anglaise, à trois temps… Dimanche, dans le cadre des «Vertiges», le théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine vous entraîne dans l’histoire de la valse. L’Orchestre national d’Ile-de-France reprendra les classiques de Chopin, Berlioz, Tchaïkovski, jusqu’au compositeur contemporain Khatchaturian. Cavalier ou cavalière, laissez-vous guider.

Infos pratiques: «Vertiges musicaux», le dimanche 15 mai, à 15h, au théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine (94). Tarif: de 8€ à 24€. Plus d’infos sur www.theatrejeanvilar.com. Accès : Métro ligne 7 Villejuif – Louis Aragon terminus puis bus 180 arrêt Hôtel de Ville, Métro ligne 8 Liberté puis bus 180 arrêt Hôtel de Ville ou
RER C Vitry-sur-Seine puis bus 180 arrêt Hôtel de Ville. Le théâtre se trouve en face la mairie.

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Idée #7 : La note bleue (La Ferté-sous-Jouarre, 77)

C’est le Graal que tous recherchent. Ce que le héros de «Sur la route» de Kerouac, Dean Moriarty, appelle le «it» : la pulsion de vie incarnée en une note. Samedi, dimanche et lundi, à la Ferté-sous-Jouarre, les meilleurs jazzmen français et étrangers tenteront de la faire résonner, de la diva de Memphis, Toni Green, au tromboniste de James Brown, Fred Wesley. Deux invités viennent agrandir la famille: la chanteuse folk Yael Naim, sacrée aux dernières Victoires de la musique, et le groupe de funk mythique des 70’s, Earth Wind and Fire. Dès 10h, une brocante musicale permettra aux chineurs de dégoter le vinyle l’instrument ou la partition qui les fait vibrer.

Infos pratiques: «Ferté Jazz Festival», du samedi 14 au lundi 16 mai, dès 10h, place du Pâtis de Condé, à la Ferté-sous-Jouarre (77). Tarifs : de 20 à 78€. Plus d’infos sur: www.fertejazz.com. Accès : Transilien ligne P   Paris Est / Château-Thierry, arrêt «La Ferté-sous-Jouarre». Puis 10 minutes de marche depuis la gare de La Ferté-sous-Jouarre jusqu’au site du festival

 

Idée #8 : C’est à moi qu’tu parles !? (Saint-Denis, 93)

Vous entrez dans une pièce. Quelqu’un vous fixe du regard tout en chuchotant. Votre interlocuteur est un écrivain qui décrit sa séance de torture par les nazis. C’est aussi une jeune femme Iranienne arrêtée par la police et qui fait connaître ses dernières volontés à sa mère. Des personnages incarnés par des comédiens et qui apparaissent sur des écrans en plan rapproché. Une expérience saisissante que l’on doit à la vidéaste Sylvie Blocher, dont l’exposition « Les mots qui manquent » est visible jusqu’au 30 mai au musée d’art et d’histoire de Saint-Denis.  Un musée qui est une œuvre d’art en soi. Cet ancien monastère des Carmélites, dont la première pierre fut posée par la reine Marie de Médicis, date du XVIIème siècle. Il accueillit entre autres Louise de France, septième fille de Louis XV et devenue carmélite en 1770. Parfaitement conservé, l’édifice abrite également des collections permanentes qui permettent de se plonger dans l’archéologie médiévale ainsi que l’histoire de la Commune de Paris.

Infos pratiques : « Les mots qui manquent », jusqu’au 30 mai au musée d’art et d’histoire de Saint-Denis, 22 bis rue Gabriel Péri. Tarif : 5 euros (gratuit pour les moins de 16 ans). Horaires : les samedis et dimanches de 14h à 18h30 (fermé lundi de Pentecôte). Plus d’infos sur musee-saint-denis.com. Accès : Métro ligne 13 Saint-Denis – Porte de Paris puis à 300 mètres à pied

"Les mots qui manquent" au musée de Saint-Denis / © Steve Stillman

 

Et une fois le week-end terminé :

Idée #9 : Entre les mains d’un pianiste surréaliste (Arcueil, 94)

«Gymnopédies», «Trois morceaux en forme de poire»… les titres de ses oeuvres disent assez son excentricité. Le compositeur de génie Erik Satie fut un iconoclaste, renvoyé du Conservatoire mais admiré par le groupe des Six, Stravinski et John Cage. La ville d’Arcueil, où il finit ses jours, célèbre le 150e anniversaire de sa naissance en grande pompe durant tout un mois. Le prélude aura lieu mardi. A la ferme Dimet, l’ensemble Parade et des pianistes de toute l’Europe joueront «Les Vexations» plus d’une centaine de fois, comme le voulait le musicien éconduit par la peintre Suzanne Valadon. Et Anis Gras orchestrera toute une fin de journée à sa démesure, entre théâtre d’objets, scopitone, corde aérienne et concerts.

Infos pratiques: «150e anniversaire de la naissance d’Erik Satie », à partir du mardi 17 mai, à 8h30, jusqu’au 23 juin, à Arcueil (94). Plus d’infos sur quefaire.paris.fr. Accès : RER B gare de Laplace à Arcueil puis 300 mètres de marche. 

 

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