Loisirs

Adam panthéonise la banlieue

Jusqu’à présent, le terrain d’expression d’Enlarge your Paris se limitait au web. Grâce à Adam et ses bombes de peinture, nous voici dans la rue pour y taguer le panthéon du Grand Paris.

Adam est un jeune « artiste de rue ». Il a vingt ans et rentre en prépa d’une école de dessin parisienne en septembre. Nous l’avons rencontré à Aubervilliers, alors qu’avec le Cyklop, il intervenait dans une ancienne casse automobile. De notre désir d’apprendre les rudiments du street art, et de son intérêt pour l’esprit d’Enlarge your Paris, est né le projet du Panthéon populaire du Grand Paris : représenter dans la rue les « héros » de la banlieue parisienne et de ce Grand Paris libéré de son enceinte périphérique.

Ensemble, dans le cadre de la Fabrique des imaginaires métropolitains organisé par l’association Métropop, nous avons réalisé au pochoir sur les murs de la Maison des Ensembles, près du marché d’Aligre (12e), une fresque de 8 mètres sur 3 représentant trois banlieusards d’honneur : Coluche, l’Abbé Pierre et Djamel Debbouze. Avant que des habitants du quartier ne nous demandent de remplacer ce dernier par Marie Curie… Tout ça s’est fait dans la rue, sous l’œil et parfois avec l’aide des gens du coin.

On a tellement aimé ça que l’on va recommencer à la rentrée. Cette fois-ci, quelque part dans le « Grand Paris ». Et vous pourrez y participer ! En attendant, la parole est à l’artiste.   

Adam, pourquoi la rue ?

Je me suis toujours intéressé au dessin ; et la rue c’est un endroit où il y a des murs vides, libres, visibles. Un véritable appel ! Et puis les villes sont fades. Tous ces monochromes blancs, beiges, bleu-gris… Sans parler de la domination de la pub sur l’espace public. Nous devons nous le réapproprier. Le dessin en est un moyen.

Du coup tu fais quoi ?

Je mets de la couleur sur les grands axes. Avec moi certains éléments du mobilier urbain perdent leur tristesse originelle. Je n’en dirai pas plus… 

Des projets en cours ? 

Ma contribution au festival In Situ, à Aubervilliers (93), est un moment fort pour moi. Là, on vient de terminer ensemble la première fresque du Panthéon populaire. Et j’ai un rêve : je voudrais faire de la caricature de presse directement dans la rue.