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Profession : cinéma (et pas vendeur de pop-corn)

Le complexe du multiplexe : les cinémas de banlieue s'ingénient à le surmonter. Comment ? En misant sur leur imagination. ​Pourquoi ne pas leur rendre visite pour le Printemps du cinéma.

« L’essentiel est de se mettre en marche, de se comporter en chercheur, attentif à tous les signes qu’une main a tracés ou à toutes les paroles environnantes (…) » Pour définir le rôle d’un exploitant de salle indépendante en Île-de-France, Quentin Mével n’a pas trouvé mieux que cette phrase du philosophe Jacques Rancière. Ose-t-on la vieille métaphore du village de 154 salles (chiffres CNC, Ndlr) résistant encore et toujours à l’envahisseur-multiplexe et ses 33 complexes, le délégué général de l’Association des Cinémas de Recherche d’Île-de-France réplique : « Je n’aime pas ce mot de « résistance ». Il sous-entendrait une certaine faiblesse de la part de nos salles. »

Pas de résistance donc. Mais la revendication d’une histoire. « Quand il était maire d’Aubervilliers, explique Quentin Mével, Jack Ralite a donné une impulsion déterminante. Alors que les salles privées abandonnaient le territoire de la banlieue, il a promu une forme d’élitisme pour tous et a participé à l’élan des municipalités à racheter les murs. »

« Un programmateur en banlieue doit connaître la sociologie de son territoire »

UGC Ciné-Cité de Rosny-sous-Bois, Méga CGR de Torcy, Pathé Quai d’Ivry d’Ivry-sur-Seine… Les opérateurs privés sont depuis revenus avec des offres attractives. Auxquelles les indépendants répondent par une volonté de plus en plus forte d’afficher leur singularité et une expertise. « Un programmateur en banlieue doit connaître la sociologie de son territoire. On ne programme pas de la même façon à Orsay ou à La Courneuve. » Le tout complété par des tarifs attractifs, beaucoup de ces salles bénéficiant d’aides publiques.

Pour faire venir les spectateurs, la contre-attaque passe aussi par l’imagination. « Nous devons organiser la rencontre des œuvres et des publics sans renoncer à la qualité », insiste Quentin Mével. Pas toujours évident quand certaines populations qui se sentent « exclues de la culture » jugent plus aisé de se fondre dans l’anonymat du multiplexe, moins tétanisant par sa programmation que la salle indépendante.

Proximité, qualité, inventivité

D’où la nécessité pour les exploitants de « se réinventer constamment ». Le cinéma de Tremblay a ainsi récemment organisé un débat entre la salle et un cinéaste italien… via Skype. À Noisiel, Mathieu Amalric a montré en avant-première son film « Tournée » au public et à… Pierre Chevalier, son mentor. S’en suivit un dialogue « proche de la pièce de théâtre ». À Saint-Gratien, Montgeron ou Pantin, des scénaristes ont été invités à venir lire leur « work in progress ».

Autant d’initiatives rendues difficiles dans les multiplexes où le nombre de séances par jour est calibré et les débords impossibles. Proximité, qualité, inventivité : si elles ne sont pas en résistance, les salles indépendantes se sont néanmoins trouvées un beau cri de guerre.

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