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« Le Grand Paris doit être une métropole qui respire et non qui asphyxie »

La pollution à Paris / © Walid Berrissoul - Twitter
La pollution à Paris / © Walid Berrissoul – Twitter

 

Dans quelques mois, à Bonn, la COP23 sera un moment fort. A la différence de la COP21 à Paris, elle sera porteuse de bien des interrogations pour l’humanité, et en particulier pour les 4 milliards d’urbains de notre planète. Nous sommes loin des pré-accords de la COP21 qui, il y a deux ans à cette date, laissaient entrevoir, bien qu’avec quelques difficultés, une issue optimiste pour les 20 ans à venir. La conférence mondiale de l’Onu sur les villes, HABITAT III à Quito, l’avait précédée de quelques mois pour tracer la voie d’un nouvel agenda urbain.

Mais les temps ont changé, et la sortie des Etats-Unis des accords de Paris marque une violente rupture. Les Etats discutent de la suite mais il y aussi et heureusement  les grandes villes du monde, les métropoles et les centres urbains qui ont pris leurs responsabilités. Elles déroulent leur feuille de route pour suivre les applications des engagements historiques pris depuis fin 2015 : sobriété énergétique, villes inclusives, droit à la ville pour tous, économie circulaire, solidarités inter-générationnelles, mobilités douces, ville servicielle.

Plus que jamais la proximité villes/maires/citoyens est une chance pour notre planète très menacée. Les nouvelles chaque semaine apportent leur lot d’inquiétudes : pollution généralisée de l’air, stress hydrique, orages, tempêtes, inondations, ouragans faisant des dégâts considérables, diminution de la calotte glacière et risque d’augmentation du niveau de la mer, rupture du permafrost de la toundra et libération de sa charge de méthane…

 

« Tous concernés »

Avec le C40, le réseau des villes du monde dont Paris a pris courageusement la tête, c’est une action commune mondiale qui s’est mise en route depuis la fin de la COP21, l’objectif étant de se donner la chance de diminuer cette courbe mortelle pour notre planète face au changement climatique. Ce n’est plus seulement un enjeu de civilisation mais plus dramatiquement un enjeu de survie pour l’humanité. De Bloomberg à l’Onu, de New York à Tokyo, du Mexique à Johannesburg, de Séoul à Lagos, de Shanghai à Delhi, nous sommes tous des acteurs concernés, et personne ne peut être neutre face à ce combat vital.

Tokyo en 2000 a initié la restriction du diesel et est au cœur de la lutte contre la crise sanitaire urbaine due la pollution du transport automobile. Séoul a démoli en 2003 une autoroute urbaine de 14 voies pour libérer une rivière jusque-là enfouie et la rendre à la ville avec un parc de 8,3 km. On peut parler d’une action salvatrice. Buenos Aires, c’est 400 km de voies cyclables dédiées. En Chine, des voies dédiées aux deux roues traversent toutes les grandes villes ; l’interdiction des voitures thermiques, à commencer par le diesel, est à l’étude. N’en déplaise à certains, Paris est en phase avec les enjeux des 20 ans à venir. Etre visionnaire c’est aussi savoir agir avant qu’il ne soit trop tard. C’est toujours le risque pris par les grands décideurs, par les personnalités qui ont marqué de leur empreinte des territoires et des vies. Le Grand Paris doit être un lieu de vie et non des espaces toxiques, une métropole qui respire et non qui asphyxie. Changer de culture et de comportements, c’est aussi l’engagement de tous, quitte à froisser les court-termistes. Voir plus que loin que le bout de son nez encombré par des gaz de pots d’échappement et des particules fines nocives…

A chacun d’agir pour nous tous, nos enfants et les enfants de nos enfants, si le compte est bon.