Loisirs

Les 25 bosses, le GR20 francilien

Les 25 bosses dans la forêt de Fontainebleau / © Lucinda Terreyre

Une semaine avant le départ, je commence à me renseigner sur le sujet. C’est un circuit qui affiche plus de 800 mètres de dénivelé positif avec bien sûr 25 bosses mais surtout des points de vue à couper le souffle et des cailloux aux formes étranges, façonnés par la mer, le vent et le temps.

Les recommandations sont quelque peu alarmantes : niveau difficile, prévoir de bonnes chaussures et au minimum 2 litres d’eau par personne pour 6 à 7h de marche. Je suis prévenue : celui qui s’attaque au massif des Trois Pignons doit s’attendre à une journée de sueur et de crampes. Même pas peur. La veille, ce sera un plat de pâtes.

Départ à 7h30. Trouver le point de départ s’avère délicat : je ne débusquerais jamais le parking de la Croix Saint-Jérôme. Mais qu’importe, je m’arrête quelque part, sur un parking un peu désert. Ce doit être par là. Par chance, deux randonneurs viennent d’arriver. « Le départ, c’est juste à côté, 1 km de marche et vous y êtes ». Aujourd’hui, je ne suis pas à un kilomètre près.

Certes, les 25 bosses est un défi aussi bien personnel (il faut revenir la tête haute à la rédaction !) que sportif. Mais si cette balade est si réputée ,c’est qu’elle est parsemée de grottes et de roches en forme d’animaux : la Tortue, la Souris ou encore le Diplodocus. 

 

Un océan de verdure

Très rapidement j’arrive en haut de la première bosse avec une splendide vue sur le massif. Un océan vert, comme un immense tapis moelleux sur lequel on a envie de rouler.

Le sol est tour à tour fait de roche, de sable et de terre. Les fougères m’arrivent aux épaules et les pins me protègent des rayons du soleil. Je ne suis pas seule sur le parcours en ce samedi matin : couples et bandes d’amis, grosses chaussures aux pieds se sont également donnés rendez-vous. L’ambiance est bonne et quand mon enthousiasme me fait perdre le Nord, il y a toujours quelqu’un pour me rattraper et m’indiquer la route aux travers des immenses blocs de grès aux formes improbables.

 

Les 25 bosses dans la forêt de Fontainebleau / © Lucinda Terreyre

Jusqu’à la Tortue, tout se passe bien. J’ai même l’impression que le niveau de difficulté annoncé sur le site des 25 bosses est quelque peut exagérée. Je passe l’Éléphant, et décide de marcher encore une heure ou deux avant de m’arrêter déjeuner.

 

A chacun son rythme

C’est alors que je croise Antoine. Grand, équipé comme un vrai sportif, il est trempé : normal, il fait le parcours en courant. J’arrive quand même a échanger rapidement avec lui : « J’ai l’habitude, c’est mon entrainement. Je fais les 25 bosses en 2h30. Salut ! » Bon moi, ça fait déjà plus de 3 heures que je marche et j’en suis à peine à la moitié. L’Éléphant, c’était un peu mon point de repère, mon objectif de la matinée.

Une fois passé, mes forces commencent à m’abandonner. Je crois qu’il faut manger sans quoi je vais avoir du mal à relever le défi. Mais pas n’importe où ! Ici il y a du panorama et j’en veux un pour me reposer : hors de question de s’installer dans un creux, au milieu des fougères pour manger mon jambon beurre… Mais trouver la belle vue, ça se mérite. Je n’avais pas prévu le coup. La marche commence à être un peu longue. Malgré la beauté de la forêt, je commence à peiner.

 

Les 25 bosses dans la forêt de Fontainebleau / © Lucinda Terreyre

Et voilà Antoine qui repasse dans l’autre sens ! C’est qu’il fait le tour deux fois. Bah voyons. A croire qu’il est là uniquement pour me narguer ! Bosse numéro 21, c’est la bonne. Une petite heure de pause pour détendre les jambes et dormir un peu avant de repartir. Il s’avère que la fin du parcours est véritablement difficile : je ne suis partie qu’avec 1,5 litre d’eau et j’économise mes réserves pour ne pas être retrouvée le lendemain, déshydratée, les corbeaux attablés autour de moi qui leur sert de festin.

 

De l’eau !

Les bosses se succèdent et j’avoue ne plus en profiter réellement. Une seule idée en tête : rejoindre la voiture pour aller trouver de l’eau. J’accélère le pas. Mes chaussures de marche sont lourdes… Et je pense bien sûr à mon rédacteur en chef qui a encore accepté un de ces sujets maudits ! Enfin, enfin, je vois le bout du chemin. Ma voiture est là !

 

Les 25 bosses dans la forêt de Fontainebleau / © Lucinda Terreyre

Il m’aura fallu 8h pour boucler la boucle. Alors conseil cher ami lecteur : prend ton temps et surtout prend 3 litres d’eau pour ne pas galérer ! Et si tu trouves le circuit trop long, ne t’inquiète pas, il y en a pour tous les goûts : circuit découverte (2h30), le circuit des Belvédères (3h15). Pour les plus forts, type Antoine, il y a l’ultra Tour : 1100 mètres de dénivelé positif, 25 km et 9h de marche. Et enfin pour les vrais dingues, des cessions 25 bosses by night sont organisées !

 

Les 25 bosses dans la forêt de Fontainebleau / © Steve Stillman