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L’Île(s)-de-France, un archipel qui s’ignore

L’île Saint-Etienne à Melun (77)

Berceau de la ville de Melun, l’île Saint-Etienne est en quelque sorte la cousine germaine de l’île de la Cité à Paris de par sa situation centrale. Elle sert d’écrin notamment à la collégiale Notre Dame, construite au XIIe siècle et classée monument historique en 1840.

 

Île Saint-Etienne à Melun / DR

Plage de Melun avec en fond l'île Saint-Etienne en 1950 / © Archives municipales de Melun

Île Saint-Etienne à Melun / DR

 

L’île aux cygnes à Paris (15e arrondissement)

Connue pour sa réplique de la statue de la Liberté, installée pour le centenaire de la Révolution de française, l’île aux cygnes a failli disparaître sous le bitume. En 1932, l’architecte André Lurçat propose de la transformer en aérodrome avec son projet baptisé Aéroparis. Conçue comme un porte-avions, cette plateforme aéroportuaire à deux niveaux aurait accueilli sur le pont supérieur une piste d’atterrissage et de décollage et, sur le pont inférieur, les services d’enregistrement et de retrait des bagages.

 

Ile aux Cygnes, Aeroparis, projet d’aerodrome sur l’ile aux Cygnes, photomontage d’André Lurcat 1932 / © CNAM/ SIAF/ Cité de l’architecture et du patrimoine, Archives d’architecture du XXeme siecle/ADAGP

Île aux cygnes, statue de la Liberté / © Paris la douce

Ile aux cygnes / © Eau de Paris

 

L’île Seguin à Boulogne (92)

Autrefois baptisée île Madame, l’île Seguin tient son nom de son ancien propriétaire, le chimiste Armand Seguin, qui l’acquière en 1794 pour y installer des tanneries. Un siècle plus tard, en 1919, elle tombe entre les mains du constructeur automobile Louis Renault qui en fait la plus grand usine de France avec quelque 30.000 employés. Depuis la fermeture du site en 1992, l’île Seguin s’est longtemps cherchée une nouvelle raison d’être. Après l’industrie, elle entend désormais devenir une place forte de la culture du Grand Paris avec l’ouverture, au printemps 2017, d’une Cité musicale dont la programmation fera la part belle aussi bien au classique qu’à la pop.

Ile Seguin, septembre 1934 / © Renault Communication-Droits reserves

Usine Renault sur l'île Seguin à Boulogne / DR

Chantien de la Cité musicale sur l'île Seguin à Boulogne / ©  Laurent Blossier

Chantien de la Cité musicale sur l'île Seguin à Boulogne / ©  Laurent Blossier

 

L’île des impressionnistes à Chatou (78)

Avec la mode du canotage qui naît à l’orée du XIXe siècle, les Parisiens sont de plus en plus nombreux à migrer vers les berges de la Seine le dimanche pour y faire un tour en barque. Des loisirs croqués par les peintres impressionnistes qui, à l’instar de Renoir, Monet, Caillebotte, Degas et Sisley, se retrouvent à la maison Fournaise, un restaurant de l’île de Chatou, surnommée depuis l’île des impressionnistes. C’est d’ailleurs chez Fournaise que Renoir réalise sa toile « Le déjeuner des canotiers ». De 1868 à 1884, il est même un habitué des lieux. « J’étais toujours fourré chez Fournaise, j’y trouvais autant de superbes filles à peindre que je pouvais en désirer », confie-t-il. Aujourd’hui, l’endroit est devenu musée et continue d’abriter un restaurant.

Ile des impressionnistes à Chatou / © Pays des impressionnistes

Bâteau-croisière "Le Dénicheur" à Chatou / © Yvelines Tourisme

Maison Fournaise sur l'île ds impressionnistes / © Yvelines Tourisme

"Le déjeuner des canotiers" de Renoir / DR

Île des impressionistes / © Kim Lê

 

L’île de Platais à Médan (78)

En 1880, Emile Zola fait installer sur l’île de Platais un kiosque norvégien, qu’il a acquis suite à la démolition de l’Exposition universelle de 1878 à Paris. Dans ce chalet en bord de Seine surnommé « Le Paradou » se croisent entre autres Guy de Maupassant, Paul Alexis et Henry Céard. Des rencontres dont est issu l’ouvrage collectif  Les soirées de Médan.

Une cinquantaine d’années plus tard, c’est une toute autre histoire qui s’y écrit avec les frères Durville, médecins hygiénistes qui ont inventé à la fois la maladie de l’homme « habillé » et sa cure en homme « déshabillé ». En 1927, ils fondent la Société naturiste puis crée le camp naturiste de Physiopolis. La tenue la plus habillée est un simple maillot de bain (voir photo ci-dessous) vendu en trois couleurs dans un seul magasin parisien, ceci plus de 15 ans avant l’invention du bikini. Mais Physiopolis n’est pas qu’un simple camping, c’est aussi une utopie démocratique, un monde qui permet aux femmes de se sentir égales aux hommes en disposant pleinement de leur corps.

Le domaine, composé de tentes fixes en Fibrociment et de douze stades pour faciliter la pratique du sport, a inspiré Célesteville à Jean de Brunhoff, l’auteur et illustrateur de Babar. A proximité de Physiopolis, on trouve la grande piscine de la plage de Villennes, où se pressent les Parisiens pendant leurs congés payés. Le complexe, inauguré en 1935, peut accueillir jusqu’à 9.000 personnes et restera ouvert jusqu’en 2002. Il est aujourd’hui à l’abandon.  

A lire : le reportage sur Physiopolis sur le blog  My mind blown to Smithereens

Maison de Zola sur l'île du Platais / © Inventaire general ADAGP

Ile du Platais / © Coll. David Lorenté

Physiopolis sur l'île de Platais / © smithereens.fr

Physiopolis sur l'île de Platais / © smithereens.fr

Physiopolis sur l'île de Platais / © smithereens.fr

Piscine de la place de Villennes / DR

Plage de Villennes sur l'île de Platais / © smithereens.fr

Exposition « Les îles de la Seine », du 4 juin au 2 octobre au Pavillon de l’Arsenal, 21 boulevard Morland, Paris (4e). Du mardi au samedi de 10h30 à 18h30, le dimanche de 11h à 19h. Entrée libre. Du 16 juillet au 2 octobre, des mini-croisières sur la Seine à la découverte de l’île de la Cité et de l’ile Saint-Louis seront proposées au tarif de 5 euros (3 euros pour les moins de 12 ans). Départs à 12h, 14h, 16h et 18h. Retrait des billets au Pavillon de l’Arsenal et départ à l’embarcadère de Pont Marie pour une arrivée au Port de Suffren. Plus d’infos sur www.pavillon-arsenal.com. Electro-guinguette ce soir à partir de 19h pour le vernissage de l’exposition. Evénement ouvert à tous.