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Immergez-vous dans les arts numériques avec Nemo

Organisée jusqu'en mars dans 50 lieux en Île-de-France, Nemo est l'occasion d'en prendre plein la vue tout en s'interrogeant sur les rapports entre l'Homme et la machine. Son directeur, Gilles Alvarez, nous en dit plus.

 

"Nybble" d'Alex Augier, performance audiovisuelle dans l’accélérateur de particules de Sciences ACO, au Centre Universitaire d’Orsay (91) / © Quentin Chevrier
« Nybble » d’Alex Augier, performance audiovisuelle dans un accélérateur de particules au Centre universitaire d’Orsay (91) / © Quentin Chevrier

 

Pourquoi une biennale des arts numériques ?

Gilles Alvarez. A l’origine, Nemo était un festival de cinéma. Depuis 1997, année de sa création, nous avons doucement glissé vers les arts numériques. Nous voulions instaurer un rendez-vous majeur qui mette en valeur la création artistique en la matière. Les oeuvres choisies font notamment écho à nos interrogations sur le rapport entre l’Homme et la machine. Le décloisonnement et la mixité des publics sont les deux grands enjeux de cette nouvelle édition. Nous allons par exemple investir des lieux qui sont en dehors du circuit traditionnel de l’art comme par exemple un accélérateur de particules au Centre universitaire d’Orsay (Essonne). 

Cette seconde édition s’étend sur six mois et prend place dans cinquante lieux en Île-de-France. Pourquoi avoir vu si large ? 

Le format biennale permet d’être plus ambitieux, de concevoir des expositions sur la durée comme pour “Les faits du hasard” que l’on pourra voir au Centquatre à Paris (19e) à partir du 9 décembre pendant trois mois. Par ailleurs, nous souhaitions travailler avec un maximum de lieux. Sur une courte période, cela n’aurait eu aucun sens car les événements se seraient fait de l’ombre. Au final, nous sommes fiers que les deux tiers de la programmation se situent en banlieue. Nous cherchons également à favoriser la collaboration entre les structures participantes. Par exemple, deux parcours numériques – un le 25 novembre et l’autre le 2 décembre – associent cinq lieux d’Arcueil et Gentilly (Val-de-Marne) pour une excursion urbaine. Du 6 au 31 janvier, l’opération “Objectif Lune” a été conçue par le théâtre l’Avant-Seine de Colombes et la Maison de la musique de Nanterre (Hauts-de-Seine). On y découvrira notamment Entropy, un spectacle incroyable prenant la forme d’une conférence scientifique sur le Big Bang avec des images produites par le collectif AntiVJ et une bande son concoctée par les mythiques Dopplereffekt de Detroit. 

Quelles sont les oeuvres qui vous ont le plus marqué ?

L’une des oeuvres plus poignantes selon moi c’est Soft Love, de la compagnie caennaise Le Clair Obscur, où la journée d’une femme est relatée par une intelligence artificielle (IA). L’actrice au centre de la scène n’est plus qu’une marionnette et c’est la voix de l’IA qui lui dicte ses faits et gestes. Aux amateurs de réalité virtuelle, je recommande Les falaises de V du cinéaste Laurent Bazin, un film expérientiel que l’on pourra voir à La Norville (Essonne), Chatillon (Hauts-de-Seine) et Saint-Quentin-en-Yvelines (Yvelines). Enfin pour une immersion radicale, il faut tester The machine to be another du collectif BeAnotherLab et présentée au sein de l’exposition “Les faits du hasard” au Centquatre (19e). Equipé d’un casque de réalité virtuelle, vous voyez votre corps projeté sur la personne en face. Vous pouvez ainsi vous faire un câlin à vous-même. C’est très troublant. Cette nouvelle culture expérientielle fait l’objet par ailleurs d’un cycle de quatre conférences dont la prochaine est programmée le 1er décembre à Mains d’Oeuvres à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis).

A lire : Intelligence artificielle, la drogue ultradure de 2040

"Les Falaises de V" de Laurent Bazin au Centquatre / © Daniele Molajoli
« Les Falaises de V » de Laurent Bazin au Centquatre / © Daniele Molajoli

 

Nemo est placée cette année sous le thème du “Hasard, accident ou sérendipité ?”. Pourquoi ?

Que ce soit dans la création artistique ou la recherche scientifique, le hasard a longtemps été évité à tout prix. Au début du XXe siècle, une rupture s’opère avec le travail de Marcel Duchamp ou bien encore les compositions de Pierre Boulez. Le hasard n’est plus perçu comme un accident subi mais un matériau recherché et organisé. C’est le cas avec les nombreuses oeuvres génératives qui composent la sphère de l’art numérique. La création aléatoire à partir d’un logiciel nécessite bien que l’on programme ce logiciel en amont. Nemo est vraiment pensée pour entraîner le public dans cette découverte par le hasard et l’accident créatif. Cela oblige les artistes à accepter que le public ne voit peut-être pas les oeuvres de la même façon qu’eux. Chaque création est une expérience à vivre.

 

Infos pratiques : Nemo, biennale internationale des arts numériques, jusqu’en mars 2017. Toute la programmation est à retrouver sur www.biennalenemo.fr.  Nos coups de coeur à venir vendredi 10 novembre : la performance audiovisuelle minimaliste d’Alex Augier au coeur d’un accélérateur de particules (Orsay (91), entrée libre) et l’exposition Prophet’s Time de Jean-Benoit Lallemant à la galerie Julio Gonzalez (Arcueil (94), entrée libre).

 

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