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Dénébuler

Bagnolet

Texte de Cyril Hériard Dubreuil Mise en scène Hériard Dubreuil/Rouvrais Texte Lauréat de l’Aide à la Création du CNT (ARTCENA, mai 2015)

### La pièce

Nous sommes dans un futur proche, la société est organisée sur la base de la possession de toutes choses - y compris les humains - par de grands groupes privés. La notion d’état ou de domaine public n’existe plus. Il n’y a plus que des grandes multinationales qui se partagent le monde. Titi et Kim sont deux jeunes escort-girls qui appartiennent à la corporation Kopro. Elles accomplissent leur devoir corporatiste dans des soirées chaudes des cadres supérieurs de la corporation. Kim est alcoolique. Elle se détruit en buvant, pour fuir sa condition. Titi est sobre. Son corps étant encore en bon état, elle est emmenée pour la greffe de son coeur sur une petite fille d’un cadre supérieur. Cette transaction lui permet de régler une partie de la dette qu’elle a contractée. Elle hérite en échange d’un cœur artificiel de seconde main. Titi revient très affaiblie par l’opération qu’elle a subie. Elle prend la décision de se mettre à boire beaucoup pour détériorer son corps afin que ses organes ne puissent plus faire l’objet d’aucune convoitise. Cette surconsommation d’alcool lui donne l’idée d’une révolution d’une forme nouvelle, qu’elle appelle la Révolution Éthanol : il s’agit d’entraîner tous les gens opprimés, les gens pauvres, les gens asservis, à boire beaucoup, partout et tout le temps, afin que leur productivité tombe à zéro, et faire ainsi s’effondrer le système inhumain des corporations. Le mouvement prend de l’ampleur, la révolution réussit. Mais quel pouvoir prendra la place de l’ancien ?

### Mots de l’auteur/ Cyril Hériard Dubreuil

Je me suis réveillé tard. Politiquement. Beaucoup de sujets politiques ou économiques restaient très vagues pour moi jusqu’à il y a encore quelques années. J’avais bien sûr des convictions comme tout un chacun, mais cela restait encore assez flou pour moi. Il arrive une époque, celle que nous vivons actuellement, où de vagues convictions ne sont plus suffisantes. Alors j’ai cherché à comprendre, à en savoir plus sur l’économie. L'économie est à la mode aujourd'hui, les auteurs de théâtre s'en emparent, et c'est tant mieux, parce que l'économie c'est de la politique, et ce n'est certainement pas une science dure qui devraient nous dicter ses lois. Quand des acronymes inventés par Mme Thatcher, - TINA (There Is No Alternative) -, nous sont ressortis à chaque recul social, comprendre mieux l’économie devient alors incontournable. Pour cette pièce, je me suis dit : allons-y, poussons à fond le bouchon du marché libre. Les ultralibéraux, depuis Milton Friedman, Ayn Rand et les Tea Party ne veulent plus d’un état interférant constamment avec le marché libre, la libre concurrence, le tout privé, la libre circulation des capitaux, qui vont nous apporter le bonheur, la paix, l’opulence, et bien sûr, permettre plus de démocratie. Et donc, supprimons le public, tout ce qui est public, sous-traitons l’armée à des mercenaires, remplaçons la police par des milices, la justice par des tribunaux d’arbitrage privés, les états par des multinationales, les droits de l’homme par… rien du tout puisque dans cet ordre nouveau et totalement débarrassé des entraves démocratiques, l’homme ne serait plus qu’une propriété privée parmi d’autres biens à vendre et à posséder. C’est ce que je propose comme toile de fond pour cette pièce, Dénébuler.

Avec Elsa Agnès, Eric Challier, Cyril Hériard Dubreuil, Mathilde Rance,  Jean-Paul Rouvrais (distribution en cours)

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